Histoire d’Akko : la colline où tout a commencé, il y a 5000 ans…

Si vous venez visiter la ville d’Akko, il y a un premier principe à respecter : ne vous fiez surtout pas aux apparences. La vieille ville historique est certes impressionnante, mais sa création ne remonte qu’au quatrième siècle avant l’ère chrétienne, lorsqu’Alexandre le Grand s’empare de la région. C’est l’un de ses officiers, Talmios, qui construira la ville sur son emplacement actuel. De même, les bâtisses de la vieille ville historique que vous découvrirez remontent pour la plupart au XVIIIème siècle et ont été construites sur les ruines de la ville des Croisés.

Les apparences sont encore une fois trompeuses puisqu’il existe donc deux vieilles villes historiques : celle de l’Empire Ottoman en surface et celle des Croisés, souterraine. C’est ce joyau de l’histoire qui a été inscrit dans sa totalité sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO.

Mais avant cela, « l’ancêtre » de la ville d’Akko, se situait en retrait, à un kilomètre à l’est de la vieille ville actuelle, sur une petite colline qui a changé plusieurs fois de nom. Aujourd’hui, elle est connue sous le nom flatteur de « colline de Napoléon », bien que ce soit Bonaparte, alors général de la République, qui y avait établi son état-major de siège en 1799… Afin de rappeler cette page de l’histoire, une statue de sept mètres de haut, représentant Bonaparte à cheval,  trône au sommet de la colline.

Pour rétablir donc une certaine vérité, cette colline est bien  l'emplacement de l'ancienne ville d'Akko. Elle est connue sous le nom arabe de colline El Fouaher (colline du potier) et à tort, également appelée colline Napoléon.

Les fouilles archéologiques effectuées sur la colline entre 1973 et 1985, sous l'autorité de l'Université de Haïfa et dirigées par le Professeur Moshé Dotan , ont révélé que l'origine du site remontait à l'âge de bronze (3000 ans avant l'ère chrétienne), lorsque y était établi un petit village.  

 

Puis il fût laissé à l'abandon, la colline étant vide, jusqu'à la reconstruction d'un village vers le début de l'âge du bronze intermédiaire (à partir de l'an 2000 avant l'ère chrétienne). A cette époque, le village a été entouré d'un réseau de fortifications fortes, avec une porte orientée vers l'ouest en direction de la mer, et une citadelle du côté nord-est de la colline. De somptueuses tombes découvertes sur place nous renseignent sur le niveau de richesse de la ville, dont la décadence date de cette époque.

A l'âge du bronze avancé (1550 à 1200 avant l'ère chrétienne), Akko fût dominée par des pouvoirs locaux sous influence de l'Egypte, qui était alors la puissance forte de la région.

 

Avec l'affaiblissement de l'emprise égyptienne sur la terre d'Israël, les Tribus d'Israël établirent leur domination sur le pays. Selon la bible, Akko fût alors incluse dans les terres dévolues à la Tribu Asher, qui ne réussit toutefois pas à s'emparer de cette place forte. "Asher ne conquit pas le village d'Akko, ainsi que les villages de Tsidon, Ahlav, Achziv, Halva, Ofik et Rehov (Choftim).

 

A l'âge du fer (1200 à 586 avant l'ère chrétienne), Akko était sous domination Phénicienne. Au 6ème siècle avant l'ère chrétienne, la ville fût utilisée comme base de l'armée perse dans la guerre contre l'Egypte. Depuis lors et jusqu'à  l'époque grecque, le village exista continuellement sur la colline, bien que durant les 3ème et 2ème siècles avant l'ère chrétienne, il fût abandonné graduellement, alors que le centre-ville se déplaçait vers le port situé sur le plateau à l'ouest de la colline.

 

Les environs de l'ancienne Akko différaient alors de la situation actuelle. La mer arrivait au pied de la colline et les structures du port se trouvaient sur la rivière Naaman. Akko était aussi utilisée comme nœud routier alors que la route maritime reliait la terre d'Israël aux villes des côtes libanaises.

 

Le port, la route terrestre et le riche plateau des alentours, ont transformé Akko en une ville florissante du point de vue économique.

 

Aujourd’hui, la colline, longtemps laissée à l’abandon, a été aménagée. Des marches et des chemins la rendent accessible au public, qui peut admirer la vue imprenable sur la vieille ville historique et la baie de Haïfa. On comprend alors pourquoi Bonaparte en avait fait un lieu d’observation indispensable.

Des fouilles se poursuivent afin de répertorier les richesses historiques que renferme ce lieu vieux de 5000 ans.

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