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La vieille ville historique d’Akko (Saint-Jean d’Acre)

Poursuivons la découverte de la merveilleuse cité d’Akko, en commençant par la partie historique de la ville. Presqu’île située à l’extrémité de la côte sud-ouest de la ville, la cité historique de Saint-Jean d’Acre, fait face à la ville de Haïfa, dans la baie du même nom. On découvre le profil des murailles, des minarets et des clochers dès que l’on approche de la ville par son entrée sud.

 

En fait, ce que l’on voit alors est la ville Ottomane, celle construite à l’époque de Dar el Omar et surtout du Pacha El Djazzar, dit «le Boucher », au 18ème siècle. Les visiteurs pénètrent dans la vieille ville historique en passant au travers des doubles murailles, pour découvrir face à eux, la magnifique auberge de jeunesse récemment construite en pleine ville historique, qu’elle ne dépareille d’ailleurs en rien.

Sur la droite, l’entrée du jardin qui abrite le syndicat d’initiative, point de départ pour la visite des vestiges de la ville des Croisés. Mais avant de retourner quelques siècles en arrière, il vous faut bien comprendre la situation actuelle de la ville historique d’Akko. C’est ce que font en général les guides en donnant quelques explications face à la maquette exposée au syndicat d’initiative.

La ville historique actuelle a en fait été construite sur les ruines de la cité des Croisés. Les bâtiments existants ont  été complètement détruits  ou comblés de débris pour pouvoir supporter le poids des constructions nouvelles. La vieille ville historique de Saint-Jean d’Acre est donc constituée de deux villes superposées. L’une enfouie sous terre et l’autre construite par-dessus.

C’est cette juxtaposition de plusieurs civilisations, remontant à près de 25 siècles, qui compose l’actuelle ville historique d’Akko. C’est pour préserver ce témoignage de l’histoire humaine que l’UNESCO a inscrit la vieille ville d’Akko en son entier, sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité en 2001. Plus tard, en 2010, la ville d’Akko sera une seconde fois inscrite sur cette même liste, pour tous les sites Bahaïs disséminés dans ce qui représente la ville sacrée de cette religion.

Vous ne commencerez pas votre visite sans faire un détour par le syndicat d’initiative où l’on vous proposera la projection d’un film d’animation qui vous servira de fil conducteur. Dès lors, comme le prétendent les dépliants à disposition du public, vous vous laisserez enchanter par le fascinant patrimoine historique d’une ville qui fut et reste encore un carrefour de religions et a connu presque toutes les civilisations...

La citadelle des Hospitaliers

La visite débute au pied de la citadelle actuelle, située au fond du « jardin enchanté » et construite par El-Djazzar, sur les vestiges de l’enceinte des Hospitaliers, véritable quartier général édifié par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, des moines soldats, dont la vocation était de défendre et soigner les pèlerins en Terre Sainte.

L’enceinte des Hospitaliers, d’une superficie de 4 500 mètres carrés, comprend un ensemble de vastes salles, construites autour de la cour centrale en plein air. Des tours d’angle et des murs épais protégeaient alors l’édifice comportant plusieurs niveaux.

La commanderie des Hospitaliers, qui se trouvait depuis la création de l’ordre à Jérusalem, fut transférée à Akko en 1191 dans la citadelle des Hospitaliers et, jusqu’à la chute de la ville, en 1291.

En empruntant les escaliers, on retourne déjà quelques siècles en arrière pour pénétrer dans l’enceinte des Hospitaliers située sous la fameuse citadelle. Avant cela, vous remarquerez la différence de taille des pierres qui ont servi à édifier la citadelle. Les grandes pierres datent de la construction effectuée à l’époque croisée et les petites ont été utilisées par les turcs pour construirela citadelle d’el-Djazzar.

La citadelle des Hospitaliers comportait plusieurs salles, dont certaines seulement, ont été redécouvertes au cours des fouilles. Les salles situées à l’ouest de la cour n’ont pour l’instant pas été mises à jour et restent comblées de gravats.

Un impressionnant système d’égouts très bien conçu, traverse les sous-sols des édifices et servait à l’évacuation des eaux usées vers la mer. Les touristes peuvent d’ailleurs en visiter la partie ouverte au public.

Les différentes salles de la citadelle des Hospitaliers

 

Vous descendez un nouvel étage afin de vous rendre dans le donjon ou la salle des prisonniers, utilisée du temps des Croisés comme « oubliettes ». Les encoches et trous sur les murs, prouvent que des anneaux y avaient été scellés, qui servaient, bien entendu à passer les chaines entravant les prisonniers. Au fond de la salle, des escaliers mènent à une rue récemment découverte et rénovée, qui a été ouverte au public il y a plus d’un an, lorsque les aménagements nouveaux de la grande salle et de la Cour des Chevaliers ont été achevés.

La grande salle des Chevaliers est la première à avoir été mise à jour lors des fouilles entreprises au début des années soixante. Située à l’est de la cour, elle s’étend sur 45 mètres de long et 30 mètres de large. D’une hauteur de huit mètres, la voûte est soutenue par quinze énormes piliers carrés. Cette salle, d’une superficie de 1300 mètres carrés, servait principalement comme lieu de vie. Elle représente l’un des plus importants chantiers de rénovation effectué en Israël. Lorsque les premiers mètres cubes de gravats ont été déblayés, le plafond s’est écroulé sous le poids des constructions supérieures. Il a fallu pratiquement inventer une nouvelle méthode de soutènement à appliquer avant l’évacuation du remblai. Des piliers en béton ont donc été coulés à travers les gravats, qui ont pu être évacués lorsque la salle a été sécurisée. Une partie de la salle avait totalement disparu et elle a été reconstituée à l’identique à l’aide des plans d’époque, retrouvés dans les archives du Vatican. Sur le côté gauche, des fouilles archéologiques ont été entreprises qui ont révélé des vestiges romains. De cette salle, on peut également accéder à la rue découverte depuis quelques années, qui a été récemment ouverte aux visites.

Du fond de la salle on accède à la cour des chevaliers, qui se situait à l’époque au milieu de l’édifice des Hospitaliers, composé de trois niveaux.  Cette cour centrale d’une superficie de 1200 mètres carrés servait de lieu d’entraînement au combat. Elle est flanquée à l’est d’un escalier aux marches basses que les chevaliers empruntaient avec leurs montures. Un puits d’eau douce y a été creusé, dans sa partie nord. Dévastée lors de la prise de Saint-Jean d’Acre par les mamelouks, la citadelle a été laissée à l’abandon jusqu’au 18ème siècle. El Djazzar a alors comblé la cour centrale afin d’y construire son palais.

Dès lors, le sol se situait en haut de l’escalier  et cet espace servait de cour de promenade pour les prisonniers de la citadelle, devenue prison sous le mandat britannique. Les travaux de déblaiement ont débuté en 1992 et se sont achevés en 1994.

Au nord de la cour, on peut découvrir les latrines, situées au-dessus d’une salle-citerne où aboutissaient une grande partie des eaux usées de la citadelle. On peut constater que l’intimité des lieux n’était pas le souci principal des chevaliers qui, pour la petite histoire, envoyaient d’ailleurs souvent leurs écuyerschauffer leur place, les sièges ayant été confectionnés en pierre. Selon des écrits très détaillés, on peut apprendre que les oreilles de lapin étaient utilisées par les chevaliers comme « papier toilette ».

Toujours au nord de la cour se trouvent les salles qui selon les archives devaient servir de logement aux Hospitaliers. Cet alignement de huit salles au plafond d’une hauteur de huit mètres, servait également en partie de lieu de stockage du sucre, qui était à l’époque, l’une des principales activités commerciales de la cité. On peut remarquer, dans l’avant dernière salle, un trou dans le plafond. C’est par cet endroit que des prisonniers, en 1947, avaient tenté de s’évader de la fameuse prison d’Akko, dans laquelle les autorités britanniques y avaient interné les activistes juifs...

Vous poursuivez la visite par la salle située au sud de la cour. Le réfectoire où trônent trois énormes piliers qui soutiennent des voûtes au style gothique, servait, comme son nom l’indique, de salle à manger  pour les chevaliers. A l’époque, on mangeait avec les mains, assis sur des bancs, disposés autour de longues tables.  Seul le responsable était assis sur un fauteuil. Les chiens étaient acceptés dans cette enceinte. On leur jetait des os et on s’essuyait les mains pleines de graisses sur leur pelage. Dans les deux coins-est du réfectoire, on peut découvrir deux fleurs de lys, emblème de la royauté, gravées dans la pierre.

En sortant de cette salle, vous descendez vers le tunnel souterrain, long d’une centaine de mètres, qui vous amènera à la crypte de la grande église de Saint-Jean, que l’on apercevait à plus de 20 kilomètresen approchant de la capitale des Croisés. Dès l’entrée du tunnel, le côté droit est interdit au public. Il conduit directement à la salle située sous les latrines, à laquelle on ne peut accéder qu’en rampant.

Vous prenez donc le tunnel sur la gauche et découvrez au passage le point de soutènement de l’un des piliers. Ce tunnel est ouvert au public sur une centaine de mètres. Il servait à l’époque d’égout, mais également de passage secret pour prendre la fuite. Pour le public, ce tunnel aboutit à la crypte de l’église Saint-Jean. Sur la gauche de cette crypte, on peut distinguer par différentes ouvertures, la rue méridionale qui traversait tout le quartier des Hospitaliers. Cette rue, récemment ouverte au public, vous donnera un aperçu de la vie à l’époque des Croisés et vous fera découvrir différents magasins, des églises, des graffitis et inscriptions d’époque. Juste avant de sortir de la crypte, deux morceaux de stèle sont exposés et on peut y remarquer des inscriptions en vieux français. La visite de la citadelle des Hospitaliers se termine. On sort en empruntant un escalier qui aboutit directement dans un magasin de souvenirs, situé dans le bazar Turc.

 

 

 

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