triplex21.jpgtriplex22.jpg

La fête est finie, place aux élections…

Le monde politique israélien vient de connaître son miracle dans les derniers jours de Hannouccah, avec la mise en accusation du ministre des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman, pour fraude et abus de confiance, après une enquête qui aura duré près de quinze ans sans pour autant déboucher sur une inculpation dans une autre affaire bien plus grave de blanchiment d’argent.

 

Cet événement n’est pourtant que le dernier avatar d’une pré campagne électorale, qui n’aura connu, jusqu’à présent, que des coups médiatiques savamment organisés ou improvisés pour frapper l’opinion. Ce n’est hélas que le lot quotidien du monde politique israélien, qui ne fonctionne que sur la base du « tape à l’œil » et qui est extrêmement avare en réalisations concrètes qui risqueraient, ce serait bien le comble, d’améliorer la vie des citoyens.

Et quand ce monde restreint, dans lequel l’ego de ses dirigeants, leurs intérêts personnels et les combines fumeuses qui en découlent sont érigés en principes dominants, se met en ébullition, on assiste alors à l’un des spectacles les plus affligeants qui soit.

Reprenons le fil des événements en commençant par l’annonce surprise de la tenue des élections, par un Premier Ministre sûr de lui et croyant mordicus en son étoile qui, incapable de pouvoir présenter un budget de grande austérité, pense pouvoir l’imposer plus tard, à sa nouvelle coalition, qu’il aura composé à coups de milliards de shékels, après sa victoire aux élections…

Tout le monde salue ce « coup de génie » d’un Netanyahou qui prend à défaut tous ses adversaires en bradant sa solide coalition sur l’autel de l’intérêt du pays…

Mais, quelques jours plus tard, changement de décors, car on nous joue une autre pièce. Netanyahou passe du rôle de vainqueur incontournable à celui de Premier Ministre frileux qui craint de perdre son poste, en nous présentant la première entourloupe de la future campagne électorale : la liste unique Likoud-Israël Beitenou (ou plutôt la liste unique Netanyahou-Lieberman), un modèle de démocratie interne aux deux partis, dont les militants médusés ne peuvent qu’entériner la création…

Quelques jours plus tard, un nouveau coup de tonnerre frappe le microcosme politique israélien. L’indéboulonnable, l’indispensable ministre de la Défense, Ehoud Barak, tire sa révérence et fait preuve d’un grand cynisme, en abandonnant sur le bord du chemin, ses amis de l’éphémère parti « Indépendance ». La vérité, c’est qu’il avait perdu toute influence et, que pour être le futur ministre de la défense, il n’avait plus aucune chance…

Mais poursuivons notre chemin dans les affres de la politique israélienne, puisque du parti Shass nous parvient la nouvelle de la réconciliation impossible des frères ennemis Ishaï et Dhéry. Il est vrai, que devant l’éventuelle scission qu’aurait représentée la présence d’une liste Dhéry aux prochaines élections, le Rav Ovadia Yossef a fait usage de toute se force de persuasion pour faire plier l’enfant chéri et le faire réintégrer le bercail. Parce qu’avec  un parti Shass à cinq mandats, il ne pouvait guère se faire d’illusion…

Alors que l’on pensait en avoir fini avec les surprises et que l’insoutenable suspens d’une candidature Olmert venait d’être enfin levé, que tous les principaux partis semblaient en ordre de bataille, Tsippi Livni, qui venait de se lancer dans la course avec un nouveau « Mouvement », sortait alors deux lapins de son chapeau de magicienne de la politique. Mitsna d’abord, puis Peretz, in extremis, quittaient un parti travailliste, selon eux en manque de charisme, pour rejoindre l’ancienne dirigeante de Kadima, qui venait d’être lâchée par Ehoud Olmert.

J’espère que vous avez apprécié le spectacle, parce que, autant vous le dire, maintenant que toutes ces petites gens qui nous dirigent ont composé leur salade, ils vont passer à la seconde spécialité israélienne : celle des élections « circulez y a rien à voir »…

Ils ont d’ores et déjà épuisé toutes leurs capacités de propositions et vous ne verrez aucun programme concret lors de ces élections. Les slogans lancés resteront, faute de projets politiques concrets, totalement vides de sens, les petites phrases assassinent feront office de bouche-trou face au vide sidéral qui compose la vision politique des dirigeants israéliens.

On va vous servir les plats de l’affrontement du bloc de droite contre le bloc de gauche, du choix entre une politique sécuritaire prioritaire ou une politique sociale plus solidaire ou de l’opposition entre les « laïcs » et les « religieux ».

Mais le vrai menu de cette campagne ne sera certainement pas servi, car aucun de nos dirigeants ne possède ce don visionnaire d’Homme d’Etat, qui trace la voie d’un pays.

Alors, il ne nous restera à l’heure du choix, qu’à faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Parce que l’on sait très bien que, quel que soit le résultat des élections, le futur Premier Ministre d’Israël ne sera pas porteur d’un programme d’envergure.

Mais c’est aujourd’hui le lot de toutes les démocraties qui peinent à générer de grands hommes politiques porteurs de grands projets.

Alors, en politique, comme au restaurant, nous nous contenterons du menu proposé pour le 22 janvier. Et, face à cette situation, comme le constate si bien ce proverbe français : « faute de grives, on mange des merles »…

Claude LEVY  

 

Joomla templates by a4joomla | piqpaq.com