L’affrontement contre l’Iran se déplace sur le territoire de la République islamique

Quatre explosions en moins de dix jours sur des installations militaires ou nucléaires iraniennes, cela ne peut pas être le seul fait du hasard ou être dû à la seule loi des séries. D’abord expliquées comme des incidents par les iraniens, ces explosions sont devenues au fil de la diffusion de nouvelles informations, des actions hostiles.

Si l’on admet ce fait, il n’y a que deux pays qui soient en mesure de s’occuper de freiner les ambitions nucléaires iraniennes. A moins d’événements dramatiques, je ne vois pas les Etats-Unis se lancer dans une série d’attaques à cinq mois de l’élection présidentielle. L’autre pays, Israël pour ne pas le citer, n’a lui pas le choix. Quand son Premier Ministre annonce qu’il ne laissera jamais l’Iran se doter de la bombe, il le pense vraiment et il est prêt à tout faire pour tenir parole, contrairement à tous ces dirigeants occidentaux hypocrites qui le disent et ne sont pas prêts à lever le petit doigt pour l’empêcher…

Pour ce faire, et sous l’impulsion des militaires de hauts rangs arrivés dernièrement au gouvernement, la stratégie militaire contre l’Iran s’est durcie et a évolué. Avec l’aide de nouvelles armes, comme les F-35 américains, améliorés par des technologies israéliennes innovantes et mieux adaptées aux besoins de Tsahal, le bras armé d’Israël s’est considérablement développé.

Le chef d’état-major israélien, momentanément débarrassé du  casse-tête d’une éventuelle annexion, partisan d’une politique plus agressive face à Téhéran, a certainement eu gain de cause pour passer à la prochaine étape de la lutte contre le programme nucléaire iranien.

Car il faut le rappeler, l’Iran  n’a jamais cessé de développer ses technologies en matière de nucléaire, même durant l’application de l’accord de Genève qui n’interdisait pas la recherche dans ce domaine. Depuis le retrait américain de cet accord et les nouvelles sanctions contre l’Iran, ce pays s’est affranchi progressivement de ses obligations pour relancer la production d’uranium enrichi, au-delà des taux autorisés par l’accord et sans transférer ses stocks à l’étranger.

Les experts ont ainsi fait le constat que Téhéran était à deux ans de la production de sa première bombe et surtout que les ayatollahs n’abandonneraient jamais ce projet qui devait avancer « quoi qu’il en coûte ».

Dans ces conditions, Israël se devait de passer à la vitesse supérieure. C’est ce qui semble avoir été fait depuis trois semaines, avec les mystérieuses explosions qui ont frappé, en des points précis et judicieux, les structures du programme nucléaire militaire iranien. D’ailleurs, au moment même où j’écris ces lignes certains médias font état d’une nouvelle explosion mystérieuse, la cinquième, dans une usine située à 50 km au sud de Téhéran.

Après donc avoir concentré ses attaques contre les positions iraniennes en Syrie, Israël passe à l’action en Iran même, d’abord parce les dirigeants israéliens ont constaté que malgré toutes les difficultés du monde et la situation désastreuse en Iran,  s’il ne devait rester qu’un seul objectif pour « le guide suprême » de la République Islamique, ce serait la bombe. Ensuite également parce que, malgré toutes les fanfaronnades iraniennes, ce pays n’est pas en état de se mesurer militairement et directement à Israël et aux américains.

C’est pourquoi, Israël a adopté une stratégie destinée à gagner du temps, pour augmenter le délai au terme duquel l’Iran pourrait se doter de l’arme ultime, en sapant les installations nucléaires. L’élément psychologique n’est pas absent de cette stratégie, puisque les actions israéliennes sont aussi un signal clair : celui qu’Israël peut frapper au cœur de l’Iran. Le moment est aussi venu de faire payer directement les iraniens sur leur sol et non plus uniquement par l’intermédiaire de leurs supplétifs.

Ceci est important face à la stratégie traditionnelle de l’Iran, basée sur deux postulats : porter la guerre en dehors de ses frontières et être persuadé qu’aucun pays ne sera capable d’engager les hostilités contre l’Iran.

Mais Israël a aussi pris en compte une éventuelle riposte. Les risques envisagés sont d’abord dirigés vers les représentations diplomatiques à travers le monde et il paraît que le Mossad a déjà déjoué des tentatives d’attentats. L’autre préoccupation était une éventuelle réaction du Jihad islamiste basé dans la Bande de Gaza. Elle a eu lieu sous la forme de trois tirs de roquettes, avec une réplique très énergique de Tsahal.

Enfin, pour terminer sur une nouvelle note pessimiste pour les iraniens, je voudrais saluer la mise sur orbite du satellite Ofek-16, destiné aux renseignements militaires, composé à 100% de technologies israéliennes, et particulièrement programmé pour détecter à l’avance les tirs de missiles depuis l’Iran.

En espérant, sans trop y croire, que l’Iran comprendra que les temps changent et que dorénavant, le problème risque d’être pour le guide suprême de choisir entre la bombe ou le pouvoir…

Claude LEVY

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