Le saviez-vous ? La première guerre israélo (américano ?) iranienne a débuté…

Depuis plusieurs semaines les médias font état de mystérieux accidents, incendies ou explosions en Iran, toujours dans des lieux spécifiques qui finalement sont rattachés aux activités des Gardiens de la Révolution. Aujourd’hui, il ne fait plus de doute qu’un tournant stratégique a été opéré par Israël, puisque même les autorités iraniennes ne semblent plus nier la responsabilité des «  petit et grand Satan » dans ces opérations.

Les sanctions américaines ont lourdement touché l’Iran depuis près de deux ans, mais cela ne semble pas avoir amené ce pays à renoncer à ses objectifs de domination du Moyen-Orient et d’éradication de l’Etat d’Israël. C’est que le corps des Gardiens de la Révolution, véritable colonne vertébrale de l’Iran, initialement sous les ordres du Guide Suprême de la Révolution, a su se donner les moyens de son indépendance à la fois économique, sociale, militaire et finalement politique.

Ce qui était un Etat dans l’Etat est en passe de devenir la force politique dominante de l’Iran, le clergé perdant petit à petit sa position dominante face à cette force intérieure diabolique qu’il a lui-même forgée.

Cette analyse a sans doute été faite aussi bien à Jérusalem qu’à Washington, il y a quelques mois déjà et c’est ce qui a amené à l’élimination de Qassem  Souleimani, le Major Général, commandant de la force Al-Qods du corps des Gardiens de la Révolution islamique, le 3 janvier dernier, par les américains.

La disparition de ce chef emblématique n’a pourtant pas eu tous les effets escomptés et la stratégie iranienne n’a pas changé. Il a fallu donc passer à une autre étape pour saper la dynamique iranienne.

D’autant plus que la position de Donald Trump s’effrite aux Etats-Unis avec la crise du Covid-19 qui cause même des effets négatifs sur le pouvoir officiel iranien qui vacille.

Les attaques israéliennes contre les entrepôts d’armes  iraniens et les concentrations de troupes des supplétifs  iraniens en Syrie sont devenues plus nombreuses, plus audacieuses et plus fortes, mais cela ne suffisait plus et il fallait passer à une autre étape.

C’est que les Gardiens de la Révolution ont mis en place une stratégie d’indépendance identique à celle de l’armée égyptienne en Egypte. Ils contrôlent une grande partie de l’économie du pays et leurs ressources propres sont pour eux, aujourd’hui, le gage de leur indépendance politique.

Il a donc été décidé de frapper l’ennemi à la source et non plus uniquement de détruire les stocks de missiles en Syrie.

D’autant qu’un autre aspect inquiète israéliens et américains. C’est l’accord stratégique et militaire passé entre la Chine et l’Iran, prévu pour une durée de 25 ans et qui peut s’avérer être la bouée de sauvetage du régime des ayatollahs, à la fois contre les sanctions américaines, mais aussi peut-être contre les Gardiens de la Révolution…

Conclusion : le temps presse car il faut diminuer la puissance des Gardiens de la révolution, l’implantation de l’Iran en Syrie et prendre de vitesse la mise en œuvre de l’accord stratégique avec la Chine qui va s’implanter en Iran, comme l’Iran le fait en Syrie… Tout cela avant le départ éventuel de Donald Trump et son remplacement par Biden qui pourrait revenir à une politique  « à la Obama » dans la région.

Il semble donc bien que la nouvelle phase entamée par Israël soit le fruit d’une étude approfondie de la situation. L’Iran a choisi de temporiser et de ne pas répliquer aux attaques israéliennes, au moins jusqu’aux résultats de l’élection présidentielle américaine. La solution idéale pour l’Iran étant bien sûr l’élection de Jo Biden, la levée des sanctions américaines et le début de la fructueuse collaboration avec la Chine. Dans le cas contraire, celle d’une victoire de Trump, il sera temps d’aviser et éventuellement de changer de stratégie.

Pour Israël, la situation est à l’opposée. Tant que Trump est au pouvoir à la Maison Blanche, Israël a pratiquement carte blanche dans sa lutte contre le pouvoir iranien. Il s’agit donc de porter les coups les plus durs possibles aux infrastructures iraniennes notamment dans les domaines du nucléaire, du développement des missiles et de l’exploitation des ressources pétrolières.

On peut donc penser que les actions vont s’intensifier par tous les moyens possibles pour détruire des pans entiers de l’économie militaire et stratégique de l’Iran. Cela suffira-t-il ? Personne aujourd’hui ne peut l’envisager, mais ce qui est pris est pris et tout ce qui est fait maintenant ne sera plus à faire plus tard.

Israël s’est engagé dans une nouvelle forme de combat face à l’Iran, un affrontement direct justifié par l’évolution de la situation. Les israéliens possèdent de nombreux atouts, comme des armes sophistiquées, des services de renseignements efficaces, des accords avec certains pays arabes de la région pour disposer de facilités d’utilisation de bases militaires ou d’espaces aériens.

Cela signifie qu’Israël est entré en guerre directe contre l’Iran. Ce n’est pas officiel, mais tout le monde le sait, tout le monde le voit…

Claude LEVY

 

 

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