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Netanyahou : jusqu’où ira la chute ?

Comme lors de chaque campagne électorale, le Likoud mené par Netanyahou est en chute libre et la seule question qui se pose aujourd’hui pour les dirigeants de ce parti est de stopper la descente vertigineuse dans les intentions de vote. D’ores et déjà, la stratégie d’union avec Israël Beiténou est un échec, reste à savoir si cet échec ne se transformera pas en déroute.

 

Pour l’instant toutefois, le Premier Ministre semble pouvoir être en mesure de se trouver, au soir des élections, à la tête de la première liste du pays. Il remplirait ainsi l’objectif qu’il s’était fixé et qui était d’être le premier appelé par le Président de l’Etat, afin de former le prochain gouvernement. Quant aux autres objectifs évoqués lors de la constitution de la liste commune avec Lieberman, on sait maintenant qu’ils ne seront pas atteints. Ainsi, Netanyahou ne sera pas le leader d’un grand parti avec  au moins 45 mandats, ce qui lui aurait donné une certaine liberté d’action dans la constitution de sa coalition et les coudées franches pour mener sa politique.

Cette coalition sera donc aussi disparate que la précédente et aussi peu conciliante avec un Premier Ministre dépendant des revendications sectorielles des petits partis. Voilà un autre objectif que Netanyahou n’atteindra pas, puisqu’il sera encore plus dépendant des autres partis.

Il ne lui reste donc plus qu’à sauver les meubles et réussir à se maintenir en tête jusqu’aux élections.

A moins de trois semaines des élections générales, qui se tiendront le 22 janvier, on constate que si la situation s’est figée en termes de blocs (droite et extrême droite face au centre et à la gauche), il n’en est pas de même lorsque l’on s’intéresse aux fluctuations à l’intérieur de ces mêmes blocs.

C’est ainsi que Netanyahou voit les intentions de vote pour sa liste d’union s’effilocher jour après jour au profit du « Foyer Juif » de Naftali Bennett, voire même au profit de Shass. C’est que le parti Israël Beiténou d’Avigdor Lieberman ne représente pas tout à fait la tasse de thé d’une grande partie des partisans du Likoud.

Dans le bloc centre gauche, c’est le Parti Travailliste qui fait les frais de la légère remontée du Mouvement de Tsippi Livni, ainsi que du renforcement de Mérets. Là aussi, les choses peuvent encore évoluer, notamment si l’opinion se rend compte que Netanyahou perd trop de voix, ce qui risquerait de faire apparaître Tsippi Livni comme la seule alternative pour le poste de Premier Ministre.

Mais, si les choses n’évoluent pas plus en profondeur, c'est-à-dire par un transfert de voix entre les deux blocs, nous retournerons à la case départ et ces élections anticipées auront été inutiles.

Selon les derniers sondages, le bloc de droite pointerait à hauteur de 54 mandats maximum. Le bloc de centre gauche parviendrait à 44 mandats. Shass tournerait autour de 11 mandats et les partis arabes resteraient stables à hauteur de 11 députés.

On voit donc que dans la situation actuelle, c’est le parti Shass qui détient les clés de la prochaine coalition et que pour l’instant, Netanyahou a eu tort de virer à droite toute, car il n’a rien gagné en termes de blocs et a fait perdre de nombreux sièges au Likoud.

Mais la situation pourrait devenir plus préoccupante encore pour le chef du gouvernement israélien. La marge entre les deux blocs est en effet assez faible et se joue autour du basculement de  4 ou 5 mandats seulement. On se souvient que lors de la dernière campagne électorale, Kadima, sous la direction de Tsippi Livni avait coiffé sur le fil le Likoud, en comblant au cours des dernières semaines un retard de 5 sièges.

Quoi qu’il en soit, et même s’il reste en tête, Netanyahou se trouve dans une situation assez délicate.

Après un mois de novembre catastrophique au cours duquel il a choisi la mauvaise solution d’un accord électoral avec Israël Beiténou, il a du subir également le vote défavorable de l’ONU en faveur de « l’Etat Palestinien », soutenu par tous les grands pays et démontrant l’isolement d’Israël dans le monde, sans parler de l’opération de Gaza qui a été ressentie comme un échec. Constatons que Netanyahou n’a pas fait mieux au mois de décembre. La réactivation des programmes de constructions à Jérusalem, présentée comme une sanction contre  l’Autorité Palestinienne, ne donnera aucun avantage au Premier Ministre, qui n’est plus capable d’agir que par réaction et démontre qu’il a définitivement perdu la main. Et ce n’est pas la mise  en accusation et la démission de Lieberman qui arrangeront les choses...

En bref, Netanyahou est dans une mauvaise passe qui arrive au plus mauvais moment, celui de la campagne électorale. Mais cela aussi n’est qu’une apparence, car le mal est plus profond. Toute cette situation résulte des  quatre ans de  gestion du pays, période au cours de laquelle les attentes  n’ont pas été comblées.

Pour conserver sa majorité et se parer à droite, Netanyahou a forcé sa nature profonde, notamment au cours de la dernière année. Il en résulte un brouillage profond de sa ligne politique qui sera sanctionnée par les urnes.

La question est maintenant de savoir jusqu’où ira sa chute ?...

 

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