La crise sociale du Covid-19 ignorée par le gouvernement israélien ?

La crise du Covid-19 a fortement ébranlé l’économie mondiale et a touché tous les pays. La première vague passée, le déconfinement a commencé, plus ou moins rapidement selon les régions du monde. Les démocraties ont largement accompagné les millions de travailleurs licenciés ou touchés par le chômage partiel en adoptant des mesures exceptionnelles.

Israël n’a évidemment pas échappé à la règle, mais force est de constater que l’Etat ultra-libéral israélien ne s’est pas montré à la hauteur de la situation.

Ainsi, Itsik Shmuli, le nouveau ministre du Travail et des Affaires Sociales, vient de lancer un cri d’alarme en indiquant qu’un demi-million d’israéliens allaient perdre leurs allocations chômage d’ici la fin juillet et resteraient ainsi sans revenu. La raison ? Le Ministère des Finances a décidé de ne pas reconduire les mesures d’aides et de soutien aux travailleurs ayant perdu leur emploi en raison de la crise du Covid-19 au-delà du mois de juin.

Selon le directeur de l’Institut National d’Assurance (Bitouah Leumi), Meir Spiegler, il s’agit là d’une véritable bombe à retardement et ce ne sont pas moins de 493 000 personnes qui deviendraient alors « de nouveaux pauvres ».

C’est pourquoi Itsik Shmuli a demandé au ministre des Finances de prolonger une nouvelle fois la possibilité de percevoir des allocations chômage exceptionnellement en raison de l’épidémie de coronavirus.

Pour l’instant, la réponse du ministère des Finances est négative et si cette position ne varie pas, nous serons en présence d’un retour pur et simple à la même politique sociale qu’avant l’apparition du coronavirus.

Comme on le sait, Benyamin Netanyahou est un adepte pur et dur de l’économie ultra-libérale, qui laisse peu de place pour des mesures sociales en faveur des défavorisés. Netanyahou joue à fond sur une politique de « plein emploi » qui favorise les mesures en faveur des entreprises, diminue au strict minimum vital les aides sociales (allocations chômage, allocations sociales), soi-disant pour inciter les gens à aller travailler coûte que coûte et quelles que soient les mauvaises conditions proposées par les employeurs.

C’est une politique qui peut amener au « plein emploi », soit à moins de 5% de chômeurs.

Par contre, vu les conditions de travail et de rémunérations, cela oblige des centaines de milliers de personnes à avoir deux emplois, cela ne permet pas à des couples travaillant à deux, de passer au-dessus du seuil de pauvreté. Mais c’est surtout une politique qui ne fonctionne que si les offres d’emploi sont suffisantes.

Tout le monde pensait que les deux mois de confinement, accompagnés d’un taux de chômage à 23%, avaient amené les dirigeants politique du monde à réfléchir pour améliorer les choses. Mais nous avons du vite déchanter. Rien ne changera au niveau politique et rien ne changera même au niveau individuel. Tout le monde était pressé de revenir à sa vie d’avant la crise, un point c’est tout.

Seulement, on ne peut effacer d’un coup de balai le passage du coronavirus et surtout ses conséquences immédiates.

Hé bien trompez-vous bien là aussi mes amis ! Un adepte de l’économie ultra-libérale restera toujours un adepte de l’économie ultra-libérale.

On ne peut pas se rendre compte de l’effort suprême, en totale contradiction avec son idéologie, qu’a été contraint de faire le gouvernement Netanyahou en prolongeant de deux mois les droits aux allocations chômage (qui ne durent que six mois en Israël). C’est qu’ils se sont fait violence ces hommes politiques !

Par contre, personne n’a eu à les pousser pour organiser trois élections générales en un an, à composer un gouvernement comportant 36 ministres, en dehors des deux Premiers Ministres, à mettre en place autant de ministres inutiles en même temps qu’on leur attribuait autant de locaux, de voitures de fonction, de chauffeurs et collaborateurs…

Je voudrais bien connaître le taux de chômage dans « le monde politique israélien ». Pas vous ? Supprimons la moitié des ministères et donnons une prime supplémentaire à tous ces nouveaux chômeurs avec l’argent récupéré. Une fois le plein emploi de nouveau en vue, il sera toujours temps, si ce gouvernement est toujours en place, de faire le point et d’évaluer si un élargissement du gouvernement est souhaitable…

La vérité est que tous les gouvernements Netanyahou ont été et sont des gouvernements anti-sociaux, qui mettent Israël loin derrière la moyenne des pays de l’OCDE. Idem en matière de salaires, de salaire minimum et de vie chère.

Et ce n’est pas près de changer. Je crains que les prochains chiffres sur la pauvreté en Israël explosent et que la statistique actuelle d’un tiers de la population sous le seuil de pauvreté ne soit regardée avec envie et nostalgie.

Si le Covid-19 n’a pas atteint l’idéologie politique de Netanyahou, il est fort à parier que rien ne le fera jamais changer d’avis.

Claude LEVY  

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