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Relations israélo-américaines : plus de réalisme et moins d’égo…

Voilà plus d’un an déjà que l’accord de Lausanne sur le programme nucléaire iranien a été signé et ses effets pèsent encore lourdement dans les relations israélo-américaines. Pour preuve le communiqué inutile et rageur publié la semaine dernière par le ministère de la Défense israélien, comparant cet accord à celui, tristement célèbre, de Munich.

 

Certes, cette comparaison n’est pas dénuée de sens et elle est même très proche de la réalité historique, mais cela n’apportera rien de plus, au niveau de la position diplomatique d’Israël dans le monde ou au niveau des relations bilatérales avec les Etats-Unis, de l’utiliser aujourd’hui.

Il est évident également que le Président Obama a été, sur le plan diplomatique, le pire président américain depuis la naissance de l’Etat d’Israël et ce, pour sa vision très personnelle des intérêts stratégiques et de défense américains, qui était fondée sur une erreur de jugement dramatique : le Président américain était persuadé qu’il réussirait à faire bouger les positions du monde musulman, grâce à de beaux discours sur la Démocratie et la bonté innée de la religion musulmane.  On connaît la suite, avec un résultat désastreux pour le monde actuel.

Au milieu de ce désastre stratégique, Israël a énormément souffert, d’autant plus que les relations entre Israël et les Etats-Unis ont été, dans le même temps, gangrénées par les relations personnelles entre Netanyahou et Obama.

Le deux hommes, à l’ego surdimensionné, ont alors fait passer  au second plan les intérêts stratégiques des deux pays, au profit de leur combat personnel, pavant les relations israélo-américaines de pièges et crocs en jambe empoisonnés, alors qu’une collaboration réfléchie, en tenant compte des différends, aurait été beaucoup plus efficace pour tout le monde.

Heureusement, la relation stratégique en matière de défense  a résisté à ces aléas et a été même renforcée durant les deux mandats du président américain. Et c’est ce qui a sauvé les relations entre les deux pays.

Il faut néanmoins dire que la gestion de cette relation, côté israélien, a été plus que médiocre, et les deux responsables de cette situation sont Lieberman et Netanyahou.

Le Premier Ministre a engagé un bras de fer perdu d’avance avec le Président américain, alors que l’ancien ministre des Affaires Etrangères a dangereusement plombé la diplomatie israélienne dans le monde.

Où est le temps de la diplomatie discrète, celui où Golda Méir invitait le ministre de la Défense américain à prendre un café en tête à tête dans sa cuisine et lui arrachait des contrats de livraisons d’avions Phantom F4, entre deux petits biscuits ?

Aujourd’hui, la politique intérieure a pris le pas sur les intérêts primordiaux d’Israël. On commence par renforcer sa place en tant que premier ministre et on réfléchit ensuite comment réparer les dégâts au niveau international. Un jour, Netanyahou se prononce pour deux Etats pour deux peuples, le lendemain (surtout la veille des élections), il est contre, pour réaffirmer trois jours plus tard qu’il est évidemment pour. Qui pourrait en douter ?

Un jour, Netanyahou prend en main en exclusivité, le problème du programme nucléaire iranien, en prétendant que lui seul peut empêcher sa concrétisation. Sa gestion à contre temps, sur ce sujet, avec les américains, amène au résultat que l’on sait. Le discours devant le Congrès américain est arrivé trop tard et a fait office de baroud d’honneur néfaste à l’Etat d’Israël. Mais il venait en pleine campagne électorale israélienne et c’est ce qui était important pour Netanyahou.

La menace d’une attaque préventive israélienne contre les infrastructures nucléaires iraniennes n’a jamais été prise au sérieux et Netanyahou n’a jamais rien fait pour la rendre crédible. Lors de la guerre du Golfe, après les deux premières attaques irakiennes contre Israël, Itshak Shamir a fait décoller les avions israéliens pour un raid massif contre l’Irak. George Bush a téléphoné en personne à Itshak Shamir pour lui demander de rappeler ses avions… Quand Netanyahou a-t-il menacé seulement de faire décoller ses F-16 ?

En diplomatie, l’ego ou la fierté n’ont pas leur place. Seul le résultat compte. Un premier ministre ou un ministre israélien des Affaires Etrangères doivent savoir faire la part des choses et accepter que leur orgueil soit parfois égratigné pour le bien du pays.

Après la signature de l’accord avec l’Iran, Netanyahou a fait croire qu’il pourrait renverser la vapeur en passant par le Congrès américain, défiant Obama sur le plan intérieur en confortant une part de son égo et perdant ainsi une occasion d’obtenir un accord plus important sur l’aide américaine, tant en matière de défense que sur le plan diplomatique. Depuis, il a compris qu’il faisait fausse route.

Ce n’est toujours pas le cas du ministre de la Défense qui a dû s’excuser d’avoir publié ce communiqué, juste avant la signature de l’accord sur l’aide américaine…

Claude LEVY

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