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Lieberman change les règles du jeu à Gaza, et après ?

Une seconde roquette en moins de deux mois a été tirée depuis la Bande de Gaza sur la ville de Sdérot et s’est abattue, comme la dernière fois, sur une zone habitée. Loin de s’en tenir à la riposte habituelle, qui consiste à répliquer immédiatement en direction de la source du tir et de bombarder quelques heures plus tard deux ou trois objectifs terroristes du Hamas, Tsahal a intensifié de façon significative sa réponse.

La première riposte de l’artillerie a été particulièrement rapide et intensive et cela ne semblait pas être un hasard. La confirmation est venue dans la nuit, lorsque plus de 50 objectifs terroristes ont été attaqués dans la Bande de Gaza.

L’arrivée d’Avigdor au ministère de la Défense  est-elle la raison de ce durcissement ? Sans aucun doute, car ce jeu du chat et de la souris à la frontière de Gaza, insupportable pour les habitants de la région, doit cesser.

L’ambiguïté de tous les « accords » conclus entre le Hamas et Israël, qui sont censés maintenir le calme sur cette frontière, est la source de tous les problèmes.

Le Hamas ne recherche que la tranquillité nécessaire à sa préparation au prochain grand affrontement avec Tsahal, mais se réserve le droit d’agir à tout moment contre « l’occupation israélienne », qui est la raison essentielle de son existence. Le meilleur exemple de cette stratégie est représenté par les tunnels et notamment ceux qui traversent la frontière pour déboucher en territoire israélien.

Le revers de la médaille, pour le Hamas, qui dit contrôler tout le territoire de Gaza, c’est qu’il est considéré par Israël comme étant responsable de tout incident et en « subit » immédiatement les conséquences.

Côté israélien, on achète le calme à la frontière de Gaza en laissant le Hamas se préparer militairement sans intervenir pour détruire ses infrastructures et sans répliquer trop lourdement aux quelques tirs de roquettes qui viennent perturber la vie des populations frontalières.

Alors, qu’est-ce qui a changé depuis l’arrivée d’Avigdor Lieberman ? Ce qui a changé, c’est le prix à payer pour le Hamas, qui devrait inciter le groupe terroriste à respecter ou faire respecter le calme à la frontière.

Cinquante objectifs attaqués pour une roquette, cela peut donner à réfléchir. Ce n’est d’ailleurs pas tant la quantité des objectifs visés que leur importance aux yeux des terroristes qui peut changer la donne. Il semblerait en effet que Tsahal ait profité de sa riposte pour détruire, une fois n’est pas coutume, des infrastructures importantes, voire même essentielles pour la stratégie du Hamas. Le tout sans que le Hamas n’ait à déplorer de victimes, ce qui aurait pu mettre le feu à la poudre.

Autrement dit, Israël s’est mis au diapason du Hamas, au niveau de son interprétation des accords destinés à préserver le calme. Le prix de la tranquillité du Hamas vient de monter en flèche, pour l’inciter à respecter ses engagements, en tant que responsable du territoire palestinien.

Il s’agit là d’un exercice périlleux pour le calme à la frontière de Gaza, car il implique un renoncement du Hamas à ses mauvaises habitudes. Signer un accord en l’interprétant ensuite à sa façon n’est plus possible. C’est le message de Lieberman qui annonce la fin de la récréation pour le Hamas et les autres groupes terroristes.

Mais c’est aussi un jeu à double tranchant, car il limite désormais la marge de manœuvre d’Israël, qui vient d’instaurer un nouveau prix à payer pour le Hamas. Ce prix se rapproche considérablement du point de rupture au-delà duquel ce groupe se sentirait obligé d’embraser la frontière pour ne pas perdre la face. C’est le pari que vient de prendre Lieberman qui considère qu’Israël doit se montrer plus ferme face aux attaques des groupes terroristes.

En fait, Lieberman, qui n’avait pas été avare de critiques lorsqu’il était dans l’opposition, se doit aujourd’hui d’assumer ses positions, maintenant qu’il est revenu aux affaires. On ne peut qu’être d’accord avec cette conception destinée à limiter la liberté d’action des groupes terroristes de Gaza.

Après, cela n’apporte aucune solution sur le long terme, face au Hamas. Mais ce n’est pas la question qu’a voulu régler Lieberman par ce durcissement. Il se situe aujourd’hui dans la gestion du quotidien en venant d’instaurer de nouvelles règles. Pour le reste, tout dépendra d’abord de l’efficacité de cette nouvelle politique et des décisions stratégiques qui seront éventuellement prises par Netanyahou.

N’oublions pas que Lieberman s’était prononcé, durant la dernière opération de Gaza, pour la destruction complète du Hamas…

Claude LEVY   

 

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