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Obama : le plus grand « looser » de la Maison Blanche ?

Barack Obama, 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique, est entré à la Maison Blanche le 1er janvier 2009, avec une image de grand espoir de l’Amérique, tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. Symbole du renouveau politique américain, presque même du « nouveau rêve américain », ce jeune Sénateur noir américain, a su séduire par de merveilleux discours.

 

Confronté à la dure réalité du pouvoir, et surtout face aux énormes  responsabilités qui pèsent sur le Président des Etats-Unis, considéré comme l’homme le plus puissant du monde, Barack Obama est allé d’échec en échec et laisse, à la veille de son départ, un pays plus affaibli que jamais.

Mais voyons plutôt ce qui nous intéresse en premier lieu, ici en Israël et au Proche-Orient. Fidèle à son approche pacifiste globale, Obama s’est attaché à ne plus s’occuper des affaires de la région, en retirant les troupes américaines d’Irak, en fragilisant Israël face aux palestiniens, en lâchant le président égyptien Al-Sissi dans sa lutte contre les frères musulmans et surtout, en laissant le régime iranien s’installer en tant que gendarme partial de la région, ce qui lui a fait perdre également le soutien de l’Arabie Saoudite.

Il a ainsi donné l’occasion à Poutine de se réinstaller en patron au Proche-Orient, car le Président russe sait bien que ce n’est qu’en montrant sa force que l’on peut avoir une influence dans cette région. Sans oublier que le premier test avait été l’Ukraine et l’annexion pure et simple de la Crimée par les russes, ce qui a laissé pantois le Président américain…

Côté palestinien, Barack Obama n’a jamais rien contrôlé et s’est lancé dans une politique qui avait pour socle de dire que c’est au plus fort de faire des concessions sans contreparties de la part du plus faible. Et de plus, il s’est permis d’annoncer quelles étaient ces concessions avec, entre autres, négocier sur la base d’un retour aux frontières de 67, geler les constructions en Judée et Samarie, afin que Mahmoud Abbas daigne s’intéresser à une reprise des négociations…en bref, du pain béni pour les palestiniens et une détérioration des relations personnelles avec Netanyahou.

Mais le pompon, ce sont les négociations et finalement l’accord sur le nucléaire iranien. Obama a trompé son monde en créant un groupe de pays « négociateurs » aux côtés des Etats-Unis avec un objectif d’abandon complet et réel du nucléaire militaire iranien, alors qu’en fait il menait secrètement des négociations bilatérales avec l’Iran sur des bases totalement différentes : éviter à tout prix l’épreuve de force, voire la guerre, avec l’Iran et réintégrer ce pays au rang de puissance régionale pour « stabiliser » la région. Ce programme était d’une naïveté incommensurable, mais aussi d’une subtilité cynique, puisqu’il ouvrait la porte à un affrontement régional entre l’Iran et l’Arabie Saoudite et ses alliés.

Résultats : l’accord a été signé avec l’Iran, sur la base de la position iranienne qui consistait à préserver coûte que coûte son potentiel nucléaire militaire, avec en prime, un retour en fanfare dans la communauté internationale et un appétit sans limite pour une future domination de l’Iran sur tout le Proche-Orient.

Mais surtout, et les chiffres aujourd’hui, quinze mois après la signature de l’accord commencent à apparaître, cette théorie du laisser-faire avec l’Iran ouvrait directement les carnets de commandes des industries militaires américaines pour les pays décidés à s’opposer à l’hégémonie iranienne dans la région.

Ainsi, l’Arabie Saoudite, qui sentait le vent tourner depuis longtemps, a passé depuis 2009, donc depuis l’arrivée d’Obama au pouvoir, pour 115 milliards de dollars de contrats militaires avec les Etats-Unis. Cela n’aurait pas été le cas si Obama avait écarté la menace iranienne. D’autres pays, comme le Koweit, le Qatar et les Emirats ont signé des accords d’achats d’armements pour plus de 15 milliards de dollars, afin de se défendre contre la menace iranienne.

Côté israélien, après d’âpres négociations, un accord sur l’aide militaire américaine a semble-t-il été conclu et porte l’aide américaine à 3,7 milliards de dollars par an, contre 3 milliards précédemment. Précisons que ces fonds doivent être utilisés pour des achats aux sociétés américaines.

L’affaiblissement des Etats-Unis et leur retrait du Proche-Orient profitent donc aux sociétés d’armements américaines et à l’économie américaine. Obama, qui a choisi pour son pays de ne plus faire la guerre (ou presque), propose à ses alliés de se défendre pratiquement seuls, en achetant bien entendu des armes américaines.

 Les Etats-Unis et le monde libre y laisseront beaucoup de plumes, que ce soit face à l’Iran, la Corée du Nord ou la Russie.

L’histoire nous dira si le prématuré Prix Nobel de la Paix était également ou surtout le plus grand looser de la Maison Blanche…

Claude LEVY 

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