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Primaires de droite et de gauche : un retour vers la IVème République…

Les primaires de la droite et du centre ont plongé la France dans une sorte de feuilleton médiatique hystérique durant plus d’un mois, pour se terminer par la « surprise » Fillon élevé en l’espace d’une semaine à la fonction de champion de la droite française. Et que dire de la primaire de gauche, avec également son lot de candidats superflus, dont la vision de la France future ne dépasse pas le bout de leur nez, beau présage pour la fonction présidentielle…

 

En réalité, les primaires à la française ont été inventée par le parti socialiste, avant d’être reprise par la droite, uniquement pour servir d’arbre qui cache le néant. Le néant, c’est l’absence catastrophique d’Hommes d’Etat (ce terme englobe les femmes également) capables d’endosser le costume de Président(e) de la République.

La Constitution de la Vème République  attribue au chef de l’Etat Français « la responsabilité de l’Etat et de ses intérêts supérieurs ». Le général de Gaulle avait défini ce rôle dans son fameux discours de Bayeux dans lequel il préconisait « qu’au-dessus des contingences politiques soit établi un arbitrage qui fasse valoir la continuité au milieu des combinaisons ». Le Président de la République devait donc être au-dessus des partis politiques et pour renforcer sa position, de Gaulle fit en sorte qu’il soit élu au suffrage universel direct.

Tout cela a été mis en place afin de se détacher définitivement des pratiques désastreuses de la IVème République, qui donnaient trop de pouvoirs ou possibilités aux partis afin de peser sur le fonctionnement des Institutions. C’était le temps de l’instabilité politique où, pour la moindre broutille, un parti faisait tomber un gouvernement…

C’est donc ce qu’a voulu changé le général de Gaulle en coupant le lien entre l’élection Présidentielle et les partis politiques. Mais ce que n’avait pas prévu le général, c’est que ce costume taillé sur mesure pour lui, aurait du mal à convenir à ses successeurs.

Ce statut voulu par de Gaulle a été égratigné à plusieurs reprises, notamment en passant du septennat au quinquennat et en faisant coordonner le mandat du Chef de l’Etat avec celui des députés.

Dès lors les partis politiques ont repris la main et se sont imposés comme incontournables dans le processus de l’élection présidentielle et dans la définition des priorités politiques, puisque le Président, élu pour seulement cinq ans, était beaucoup plus dépendant de l’Assemblée Nationale. Tant que ces partis pouvaient générer des dirigeants de stature nationale, leur nouvelle influence a été en quelque sorte masquée par la personnalité de ces dirigeants. Mais au fil du temps la qualité des dirigeants a fait défaut et aucune personnalité, n’était en mesure de se détacher comme le chef naturel de la droite ou de la gauche.

C’est alors que le temps des partis est revenu à l’ordre du jour. De magouilles en intrigues, on s’est mis à fabriquer des candidats potentiels, sondages à l’appui, les critères pour devenir présidentiable plongeant de façon vertigineuse, puisqu’il suffisait de « présenter bien », de se fabriquer une image, pour devenir un candidat potentiel.

Le coup de grâce a été porté en 2012, lorsque le parti socialiste décidait d’inventer la primaire de gauche afin de désigner son candidat, ce qui ouvrait la porte à tous les excès et chamboulait la règle.

Car la règle mise en place par le général de Gaulle était, comme l’a si bien défini François Bayrou, que « l’élection présidentielle soit la rencontre d’un homme et d’un pays, d’un homme et d’un peuple ».

Ce n’est qu’après cette rencontre que doivent intervenir les partis et non pas dans la désignation préalable de cet homme qui, seulement après ira à la rencontre d’un peuple et d’un pays.

Voilà comment, par manque flagrant d’hommes d’Etat, que les partis ne peuvent plus générer naturellement en raison de leur fonctionnement clanique, on a trouvé l’astuce de faire désigner un dirigeant quelconque pour lui faire endosser l’habit d’homme présidentiable.

En bref, les primaires, c’est le retour à la IVème République, à la toute-puissance des partis qui fabriquent des candidats présidentiables qu’ils font légitimer par l’invention des primaires  et reprennent ainsi la main sur le fonctionnement des Institutions.

Les primaires, celles que l’on impose à un ancien Président de la République, celles que l’on impose à un Président en exercice, sont la preuve qu’elles ne génèrent pas des Hommes d’Etat.

Alors, pour la désignation du candidat de droite, ne nous y « Fillon » pas trop, car même s’il a été  Premier Ministre, il n’a jamais pu influencer le quinquennat de Sarkozy et ce n’est sûrement pas la marque d’un homme d’Etat. Il est seulement venu pour bricoler les finances publiques, il ne donnera jamais un souffle nouveau à la France.

Mais quand on sait que le Président en place, s’il était désigné par la primaire comme candidat de la gauche, n’aurait qu’à lui opposer sa « boîte à outils » pour réparer la France, on a le droit d’être terriblement inquiet.

Claude LEVY   

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