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Que valent pour Israël les garanties internationales de sécurité ?

L’expression « garanties internationales de sécurité » a été déclinée sous toutes ses formes à propos d’Israël, à tel point qu’elle en a perdu pratiquement toute valeur quant à signification. Destinée à l’origine à rassurer l’Etat d’Israël quant à son avenir, afin de l’inciter à aller de l’avant dans les négociations de paix avec les palestiniens, sa crédibilité s’est amenuisée au même rythme que celle des grandes puissances qui la garantissaient.

 

Qu’en est-il aujourd’hui, lorsque l’on voit la montée de l’influence des puissances régionales hostiles à Israël, la mainmise d’organisations terroristes sur des pans entiers de territoires aux frontières d’Israël et surtout, l’absence irresponsable des occidentaux dans l’actuel contexte politico-militaire du Proche-Orient ?

Il fut un temps où la crédibilité des grandes puissances occidentales suffisait à donner du poids à de tels engagements. Mais, pour Israël, la première prise de conscience fut très amère car elle est intervenue à l’un des pires moments de son histoire. Lors du déclenchement de la guerre du Kippour, alors que les troupes syriennes et égyptiennes balayaient les défenses israéliennes et s’enfonçaient dans le Sinaï et la Galilée, l’armée de l’air israélienne chargée de retarder cette avance subit des pertes très importantes.

L’appel à l’aide de Golda Meyer pour reconstituer  les forces aériennes de Tsahal s’est heurté alors à une fin de non-recevoir de la part de Nixon, qui ne fut levée que par la menace de l’utilisation de l’arme nucléaire par Israël. Alors que Nixon envoyait avions et munitions  par pont aérien, les autres démocraties européennes interdisaient aux avions cargo américains de survoler leurs territoires. Dès lors, les dirigeants israéliens comprirent que les garanties de sécurité des grandes puissances ne valaient même pas le prix de l’encre utilisée pour inscrire ces déclarations dans tous leurs documents officiels.

Par la suite, la politique de renoncement mise en place par les démocraties occidentales face au chantage du pétrole, au terrorisme palestinien naissant, au défi des programmes nucléaires du Pakistan, de la Corée du Nord et de l’Iran, à la montée inéluctable et artificielle de l’islamisme extrémiste, a suffi à faire comprendre que ces garanties n’étaient que des intentions sans espoirs de concrétisation.

Les démocraties occidentales ont fini par perdre toute parcelle de crédibilité en renonçant à leurs capacités d’interventions conventionnelles en raison d’une baisse drastique et continue de leurs budgets militaires.

En Israël, l’affaire de la guerre du Kippour a largement démontré que seules les capacités de défense du pays étaient crédibles et que c’est la menace d’utiliser ses moyens de défense extrêmes qui a permis à Israël d’obtenir l’aide des Etats-Unis. La même situation s’est reproduite lors de la guerre du Golfe, lorsqu’Itshak Shamir a fait décoller les avions de Tsahal pour bombarder l’Irak et  qu’ils n’ont été rappelés qu’au dernier moment après avoir obtenu toutes les garanties nécessaires du Président Bush.

Aujourd’hui, il est évident que les démocraties occidentales, qui ne sont même pas capables de faire entendre leur voix face à la Russie, en Ukraine ou en Syrie, sont incapables de garantir quoi que ce soit à Israël.

J’oserais dire même que la roue a tourné, que les temps ont changé et que ces mêmes pays qui « garantissaient la sécurité et l’avenir d’Israël »sont bien heureux de recevoir l’aide de l’Etat Hébreu dans la lutte anti-terroriste, tant dans le domaine du renseignement, que de l’entrainement des troupes d’élite et l’utilisation des systèmes de sécurité « made in Israël ».

Pour Israël, le plus important est de pouvoir assurer seul sa sécurité et garantir son avenir. Les incommensurables efforts consentis par le peuple israélien tant sur le plan personnel qu’en matière budgétaire permettent au pays de ne compter que sur ses propres forces.

L’efficacité et l’ingéniosité des systèmes de défense inventés et produits en Israël combinés à l’achat de matériels de pointe comme les sous-marins allemands et les avions américains ont permis et permettent à Israël d’envisager toutes les options possibles pour assurer sa sécurité.

C’est pourquoi aujourd’hui, tous les pays occidentaux, l’ONU, le Quartet, la Ligue Arabe, qui se permettent de vouloir imposer leurs vues à l’Etat d’Israël, dans le conflit avec les palestiniens, ne doivent plus utiliser cette formule  hypocrite de « garantir la sécurité d’Israël », qui ne sert en fait qu’à satisfaire un sentiment de bonne conscience et donner le change face aux concessions unilatérales exigées par les palestiniens avant toute négociation.

Garantir la sécurité d’Israël, cela se fait par des actes et non par des mots. La France a agi à la création de l’Etat et jusqu’à l’embargo décrété par De Gaulle, les américains et l’Allemagne agissent aujourd’hui pour garantir la supériorité militaire d’Israël. L’arrivée hier en Israël, des deux premiers avions F-35 américains en est encore une preuve. Quant aux autres, et l’ONU en tête, ils ne sont capables que de faire le contraire de ce qu’ils annoncent.

Un peu moins d’hypocrisie serait salutaire en n’utilisant plus cette expression pour « contrebalancer » les efforts unilatéraux demandés à Israël qui, on le sait, est capable de garantir seul sa sécurité, au même titre et au même niveau que les grandes puissances…

Claude LEVY

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