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La Corée du Nord, vainqueur de son bras de fer avec les Etats-Unis : un exemple pour l’Iran…

La Corée du Nord, pourtant sous la menace militaire de la puissante armée américaine déployée dans la région, a procédé à un essai nucléaire souterrain, poursuivant ainsi sa politique de défi au monde sans se soucier des possibles conséquences. La situation actuelle est la conséquence de décennies de négligences, de manque d’implication des Etats occidentaux contre la montée en puissance d’un Etat voyou et d’indifférence coupable face à des dirigeants prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

 

 

Cette situation ne vous rappelle rien ? Elle a bien des similitudes avec le défi iranien qui, si les pays occidentaux, la coalition arabe rassemblée autour de l’Arabie Saoudite et Israël ne réagissent pas rapidement, évoluera dans le même sens.

La Corée du Nord a des amis puissants et influents comme la Chine ou la Russie, avec qui les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon doivent composer. L’Iran a les mêmes alliés et a su constituer en plus des forces terroristes régionales puissantes entièrement dévouées à sa cause qu’il faut aussi prendre en compte.

La Corée du Nord et l’Iran ont longtemps été deux Etats mis au ban des Nations. Durant toutes ces années de tension, l’Iran a observé l’attitude de la Corée du Nord et surtout la mollesse des Etats occidentaux et de leurs alliés. Elle en a tiré de nombreux enseignements qui lui ont été et lui sont encore fort utiles aujourd’hui.

L’enseignement principal est que le monde occidental n’ira pas jusqu’à la confrontation armée  contre la Corée du Nord et que ce sera la faiblesse qu’il faudra exploiter au maximum pour gagner le temps nécessaire afin d’obtenir l’arme suprême qui la mettrait à l’abri d’une défaite totale ou d’une destruction.

Il est hélas navrant de constater aujourd’hui que les choix adoptés par la Corée du Nord ont été les bons et que, quelles que soient les gesticulations ou menaces proférées par les Etats-Unis, l’ONU ou je ne sais qui, il est maintenant trop tard pour contraindre au désarmement. La bombe H testée la nuit dernière et les différents missiles balistiques lancés avec succès par ce pays en sont la preuve. La « communauté internationale » a donc largement échoué dans sa mission et la Corée du Nord est désormais une puissance nucléaire à part entière. Quiconque s’aviserait de l’attaquer peut se voir exposer au feu nucléaire selon le bon vouloir des dirigeants coréens.

La Corée du Nord a su se montrer ferme quand il fallait, se montrer apparemment conciliante à d’autres moments afin d’obtenir des allègements de sanctions indispensables à sa survie puis, de nouveau se montrer intraitable en même temps qu’elle poursuivait sans cesse son parcours technologique vers la bombe. Cette stratégie a porté ses fruits et elle permet même maintenant au leader nord-Coréen de tenter un dernier coup de poker : celui de dévoiler son jeu en faisant le pari que ses « ennemis » n’oseront pas, au vu des cartes abattues, saisir la dernière opportunité de mettre au pas la Corée du nord.

Car cette possibilité existe encore aujourd’hui  pour un temps très réduit, c’est-à-dire avant que les missiles nord-coréens à tête nucléaire soient vraiment  devenus opérationnels et elle apparait comme la dernière fenêtre de tir possible. Une attaque massive des lieux stratégiques civils et militaires de Corée du Nord qui ferait tomber le régime en place pourrait être la dernière chance d’empêcher la naissance d’une nation nucléaire agressive.

Bien que ce soit une opération très risquée, c’est bien la seule et dernière occasion de se débarrasser d’un régime dictatorial qui menace la paix du monde.

Vous pouvez imaginer avec quelle jubilation on observe cette situation du côté de Téhéran. Si on y regarde de plus près, durant des années, les iraniens ont tiré les enseignements de l’affrontement entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. Mieux encore, ils se sont rapprochés de la Corée du Nord depuis des décennies, pour voir de l’intérieur la gestion des tensions avec les Etats-Unis, jusqu’à créer des liens et des coopérations avec le pouvoir Nord-Coréen, notamment dans le domaine du nucléaire et des missiles balistiques où il est pratiquement certain que des transferts de technologies ont eu lieu.

Ainsi, les dirigeants iraniens ont assimilé le fait que les Etats-Unis d’Obama ne lui feraient pas la guerre et ne sont pas loin de penser qu’il en sera de même avec Trump. Ils ont les mains libres et encore huit ans de relative tranquillité, jusqu’à la fin de l’accord de Genève, pour faire progresser leurs projets nucléaires depuis l’enrichissement de l’uranium jusqu’aux missiles balistiques en passant par la miniaturisation de la bombe.

Et si Trump ne réduit pas en cendre les objectifs militaires nord-Coréens, ils sauront également qu’ils pourront aussi en faire à leur guise en Syrie, en Irak et au Liban…

Claude LEVY

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