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Le point sur l’Iran en Syrie, la coalition dans la tourmente et l’alyah de France…

Dans mon précédent éditorial je me demandais qui serait aux côtés d’Israël face à l’Iran. La réponse est venue bien vite puisqu’en deux semaines l’armée de l’air israélienne a frappé deux fois en Syrie des installations militaires importantes utilisées par l’Iran. Constatant que le soutien américain n’était pas au niveau de la situation, Israël a pris les choses en main afin de faire savoir sa détermination  face à la présence de troupes iraniennes et chiites en Syrie. (Photo: base iranienne en Syrie)

Il est fort probable que ces bombardements se multiplient car l’Iran ne renoncera pas  à ses acquis, ainsi qu’à  la destruction de l’Etat d’Israël. A noter la « subtile position » de Poutine qui, d’un côté, fait preuve de considération pour l’allié iranien, et de l’autre, voit aussi d’un bon œil les coups portés par Israël qui finiront par affaiblir la position de Téhéran et son niveau d’influence en Syrie. Conclusion : Israël est bien seul face à l’Iran, puisque Poutine ferme les yeux sur ce début d’affrontement direct et Trump est bien aux abonnés absents face à Téhéran…

Il y a quelques semaines j’attirais votre attention sur la multiplication de projets de loi proposés par certains députés du Likoud, qui convergeaient tous vers une protection renforcée de Netanyahou face aux diverses enquêtes menées à son encontre. Certains de ces projets de loi ont été momentanément abandonnés, comme l’immunité accordée au Premier Ministre pendant la durée de son mandat, d’autres sont encore d’actualité, comme l’impossibilité pour la police de faire connaître publiquement ses recommandations et conclusions d’enquêtes.

Cette situation est désormais à observer sous un éclairage nouveau, puisque l’un des instigateurs de ces projets de loi destinés à mieux protéger les auteurs soupçonnés de faits délictueux est désormais sous le coup d’une enquête de la police pour des faits remontant au temps où il était maire de Rishon Le Tsion… On comprend mieux pourquoi il voulait renforcer  la protection « des victimes » d’enquêtes policières et l’on voit maintenant d’un autre œil son dévouement bien intéressé à la défense du Premier Ministre…

Le comportement de ces apprentis législateurs est d’ailleurs riche d’enseignements. Ils étaient prêts à faire voter ces lois en urgence, à accélérer la procédure législative, à mobiliser tous les députés de la coalition en demandant à ceux qui se trouvaient en voyage officiel à l’étranger de se présenter à la Knesset le jour prévu pour le vote. Cette loi d’interdiction de publication des recommandations policières devait être rétroactive et profiter aux personnes soumises à des enquêtes bien avant son application. On comprend mal que cet acharnement contre le fonctionnement de l’Institution policière ait été soutenu par la coalition gouvernementale alors que tout le monde savait qu’il s’agissait en fait de protéger des intérêts particuliers. Tout cela est indigne de la part des responsables de cette coalition gouvernementale...

Mais c’est sur un autre sujet que je voudrais terminer cet éditorial, celui de l’alyah de France qui marque le pas tout en étant encore à un niveau supérieur à celui des années 2010. Il faut le dire haut et fort, le gouvernement israélien a déjà raté le coche de l’alyah française. Et lorsque l’on parle d’un échec du gouvernement on se tourne obligatoirement vers son chef.  Du fait des accords de coalition qui le maintiennent envers et contre tout au pouvoir, Netanyahou n’a pratiquement aucune influence sur la politique menée par une ministre de l’intégration que l’on impose au gouvernement.

Cette ministre n’a en effet jamais su ou voulu prendre l’ampleur de la vague montante de l’alyah de France qui vivotait aux alentours de 1500 olim par an s’est envolée d’un coup jusqu’à près de 9000 olim pour redescendre progressivement les années suivantes.

Le ministère de l’intégration n’était pas préparé à cette vague et n’a pas saisi l’occasion, grâce à des mesures spécifiques de maintenir ce niveau inespéré d’alyah. Si l’on peut comprendre l’effet de surprise, on ne peut par contre expliquer le manque de réaction du ministère face à la situation.

Quatre ans sont passés depuis et c’est toujours le désarroi qui prime au niveau de ce ministère. Les seules avancées obtenues en faveur des olim de France sont le fait de Zeev Elkin, ministre du Likoud qui a remplacé Sofa Landver durant un peu plus d’un an au ministère de l’intégration. Depuis son retour aux affaires, dans les valises de Lieberman, celle-ci a remis le couvercle sur ce qu’elle considère comme étant « son ministère », étouffant par là-même l’espoir d’une considération à peine trouvée pour l’alyah de France.

Dommage pour Israël que l’intérêt général du pays n’ait pas prévalu, que des mesures exceptionnelles n’aient pas été engagées pour voter en urgence des lois (équivalences des diplômes par exemple) comme savent si bien le faire certains députés de la coalition lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts personnels…

Claude LEVY

 

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