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27/01/21

Erdogan, un personnage complet : dictateur le matin, impérialiste l’après-midi et islamo-fasciste le soir

En grande difficulté dans son pays, le dictateur Erdogan n’a trouvé qu’un seul exutoire pour sauver sa situation : devenir l’agitateur permanent sur la scène internationale, en brouillant les pistes, en jouant sur tous les tableaux et ce, afin de devenir un interlocuteur incontournable pour les grandes puissances dans tous les conflits actuels. 

Le grand rêve d’Erdogan est le retour au bon temps de l’Empire Ottoman lorsqu’il était à son apogée et s’étendait sur des territoires allant de l’Europe centrale, de l’Asie Occidentale, du Caucase et de l’Afrique du Nord, soit trente-deux provinces et des Etats vassaux. Il suffit de consulter la carte de cet Empire pour comprendre en grande partie le jeu de trublion politique d’Erdogan. Car c’est au nom de ce grand rêve qu’il se permet d’intervenir aujourd’hui en Syrie, contre les Kurdes, dans le conflit européen du Nagorni Karabach, de revendiquer Jérusalem en héritage, de soutenir les Frères musulmans en Egypte et le Hamas à Gaza, d’envahir Chypre, de réclamer des souverainetés maritimes face à la Grèce et de venir s’implanter en Lybie et j’en passe sans parler de la transformation récente de l’Eglise Sainte Catherine en Mosquée… 

Sur le plan intérieur, le dictateur Turc a mis depuis longtemps la répression à l’ordre du jour, les médias sont sous surveillance constante, des dizaines de journalistes sont jetés en prison sous des prétextes divers et les opposants trop gênants sont taxés de connivence avec le terrorisme Kurde afin d’être discrédités et emprisonnés. Erdogan s’est même servi du prétexte d’une tentative de coup d’état afin de purger l’armée, qui se voulait garante de la laïcité et des dizaines de milliers de fonctionnaires. Il a réussi à instaurer un régime présidentiel avec des pouvoirs importants pour le Président et se fait réélire à ce poste en 2018. Depuis qu’il a « stabilisé » sa situation intérieure, en tant que dictateur, Erdogan a alors commencé à sa surenchère internationale.

La Turquie applique dès lors la politique d’une présence gênante tous azimuts dans tous les pays concernés par l’ex Empire Ottoman. Et là, il faut bien comprendre que cela recouvre de nombreux pays aux régimes aujourd’hui totalement différents, du sud de l’Europe à l’Afrique du Nord, en passant par le Moyen-Orient (Voir la carte ci-dessous).

                                                                                                                                     L'Empire Ottoman historique

D’où les gesticulations et interventions d’Ankara  qui semblent être désordonnées, si on n’examine pas cette carte. Mais trop c’est trop et malgré les rêves d’Erdogan, il faut bien qu’il se rende à l’évidence, qu’avec tout ce remue-ménage, la Turquie ne parvient même pas à être un interlocuteur  régional crédible. En dehors de la Syrie (et encore), Erdogan n’a pas engagé son armée, dans toutes les interventions, mais plutôt des supplétifs, mercenaires aguerris dans d’autres conflits qu’il paie pour les basses œuvres…

Ce n’est pas la marque d’une grande puissance régionale qui peut s’imposer et lorsque la résistance s’organise, on voit vite les limites du rêve d’Erdogan. Ainsi la Grèce, aidée par la France s’oppose aux recherches pétrolières ou de gaz effectuées par les Turcs dans ses eaux territoriales. L’Egypte fait alliance avec la France pour s’opposer aux agissements turcs en Libye. Israël, qui n’apprécie guère l’aide apportée au Hamas, monnaie le retour des ambassadeurs dans les deux pays contre une fermeture du bureau du groupe terroriste en Turquie, sans parler des accords stratégiques avec la Grèce et Chypre.

Et maintenant, ce sont les sanctions qui arrivent et vont véritablement appuyer là où cela fait mal pour une Turquie exsangue économiquement. Les américains dénoncent l’achat de missiles russes S-400 par la Turquie et face à la confirmation du contrat, commence à sanctionner les industries militaires Turques. L’Europe s’y met aussi, plus timidement certes, mais ce n’est peut-être qu’un début.

Les problèmes vont s’accumuler pour Erdogan avec l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, qui sera moins enclin que son prédécesseur à accepter  la trahison de la Turquie par rapport à l’OTAN, puisque les armes russes achetées par Erdogan ne sont pas compatibles avec les critères des armées composant l’alliance Transatlantique…

Cela sent donc la fin de récréation pour le trublion Turc, qui va devoir trouver d’autres solutions pour masquer ses échecs de politique intérieure. La Turquie va devoir choisir entre la fidélité à l’OTAN ou le passage dans le camp adverse, alors que l’économie Turque dépend en très grande partie de l’Europe. Et la marge de manœuvre d’Erdogan va s’avérer être très mince, ce qui promet peut-être des changements spectaculaires dans l’avenir car l’actuel Président Turc ex-futur Pacha du « Nouvel Empire Ottoman » va rapidement se retrouver dans une impasse…

 

 

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