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Une campagne présidentielle hors du commun

Nous vivons actuellement une campagne électorale présidentielle hors du commun. Les primaires, les affaires, l’éviction des « grosses pointures », les programmes à géométrie variable, le niveau des journalistes au ras des pâquerettes, la perte de confiance en la parole publique et l’image déplorable donnée par la France.

 

Tout ceci est du jamais vu, toutes les normes communément admises volent en éclat et il n’existe plus de références sur lesquelles s’appuyer. C’est la France du découragement qui rejaillit sur une campagne empoisonnée par des révélations quotidiennes qui deviennent alors le cœur du débat, en lieu et place d’une confrontation portant sur les programmes des candidats.

Les primaires organisées à droite et à gauche ont fait pratiquement table rase du passé. Hollande s’est désisté, laissant les candidats de gauche dans une grande difficulté et l’illusionniste Hamon s’est alors imposé. A droite, on a fait le vide en éliminant les deux favoris et on a fait place nette au « Chevalier blanc » Fillon, qui s’est vite avéré être d’une toute autre nature. Mis en examen, il renie sa parole donnée et s’obstine à dire que, malgré tout il lave plus blanc que blanc en toute intégrité.

Au niveau des programmes, ce n’est guère mieux. Fini le rêve du revenu universel dispensé pendant les primaires par Hamon. Fini le non-remboursement de certains services par la sécurité sociale promis par Fillon qui, comme par enchantement, est même prêt aujourd’hui à allonger la liste de ces remboursements, réhabilitation de l’image oblige…

Et chacun s’aligne sur le concurrent, comme en matière de sécurité et de défense où comme par hasard, le seuil minimal d’un budget fixé à 2% du PIB, apparaît dans certains programmes, sans préciser que ce pourcentage n’est nullement suffisant, tant il y a à faire dans ce domaine en France.

Et que dire des sondages, dont plusieurs sont publiés chaque jour, sans apporter d’informations supplémentaires, puisque bizarrement, ils sont pratiquement stables pour chaque candidat, à 0,5% près.

Ajoutez à cela le comportement à la limite de la faute professionnelle de la part des médias qui ne s’intéressent qu’aux petites affaires en marge de la campagne, n’essayant même pas d’interroger les candidats (ou si peu) sur la nature de leurs programmes et vous avez une campagne qui ronronne loin des préoccupations principales des français.

Et pourtant, la France joue encore une fois son avenir et sa place dans l’Europe et dans le monde lors de cette campagne. Les défis ne manquent pas pour la France, en retard dans presque tous les domaines.

L’avenir et le maintien de la grandeur de la France passent par le développement de programmes dans les nouveaux domaines comme les énergies renouvelables et la protection de l’environnement où le monde se cherche encore un leader. Le pays qui prendra de l’avance sur les autres dans ces secteurs, sera le premier à en tirer avantage en matière de brevets, nouvelles technologies et nouveaux métiers.

 En matière de sécurité et de souveraineté, énormément reste encore à faire. Si la France veut garder son rôle au niveau mondial, elle doit savoir se protéger dans tous les domaines et notamment contre les cyber-attaques et pouvoir prendre la tête d’une défense européenne forte et indépendante. Cela passe par un fantastique et constant effort de recherche dans les domaines informatique et militaire, dont les résultats rejailliront également sur le civil. L’armée et les services de sécurité ont besoin d’une révolution, de création de dizaines de milliers d’emplois et donc de beaucoup d’argent, en raison du retard pris par des décennies de baisses de crédits, alors que des pays comme la Chine, la Russie et d’autres préparent dans le même temps leur future suprématie militaire.

Et le chômage me direz-vous, principale angoisse des gouvernements français ? Déjà, les mesures précédentes auront une incidence sur le niveau du chômage par la création de centaines de milliers d’emplois. Pour la suite, la France doit briser son carcan administratif et bureaucratique et baisser massivement les charges et impôts pesant principalement sur les petites et moyennes entreprises, celles qui ont le meilleur potentiel de création d’emplois.

Sait-on qu’en Angleterre, il faut une heure de travail sur internet pour créer une société en ordre de marche, avec compte en banque et autorisations en tous genres, alors qu’en France cela prend trois mois ? Un vrai gouffre en matière d’efficacité…

La lutte contre le chômage ne se fait pas frontalement, par la création d’emplois aidés, mais par des mesures favorisant le dynamisme économique d’un pays et ses capacités d’adaptation à de nouveaux domaines et technologies, comme par la formation professionnelle.

Et le financement de ces mesures ? Chaque emploi créé, ce sont des cotisations payées qui alimentent les caisses, c’est un coup de pouce à la croissance et à un redémarrage de l’économie.

Si vous réussissez à découvrir, durant cette campagne électorale hors du commun, qui nous parle de tout et surtout de rien, tous ces éléments dans l’un des programmes proposés, alors vous aurez sans doute trouvé le candidat le mieux à même de redresser la France et de lui rendre un peu de son lustre d’antan. A condition qu’il tienne parole, ce qui est aussi une chose rare de nos jours…

Claude LEVY

 

 

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