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Le renouvellement c’est maintenant, en espérant qu’il s’installera pour longtemps

Avec la fin des élections il est maintenant temps de prendre du recul et d’analyser la situation. Voici moins d’un an, le ministre de l’économie français de l’époque, un certain Emmanuel Macron, décidait de démissionner du gouvernement pour se lancer dans la folle aventure d’une élection présidentielle en créant un nouveau parti politique quelques mois seulement avant le scrutin, afin de renouveler complètement le paysage politique français.

 

Combien de caciques de la politique  ont alors souri en pensant que le jeune doué découvert par François Hollande s’était lancé dans un défi perdu d’avance ! On connaît aujourd’hui le résultat de cette initiative osée et en conclure que l’avenir appartient aux audacieux, mais aussi qu’il faut savoir provoquer la chance. Ces deux principes ont en effet été les ingrédients du succès du nouveau Président de la     République.

L’audace tout d’abord, celle de penser avoir une chance de renverser la table avec un culot monstre et oser croire que l’on puisse partir de rien, ou presque, à huit mois de l’échéance présidentielle et remporter sans aucune expérience précédente, l’élection présidentielle. Il faut dire aussi que ce fabuleux coup de poker était basé sur une analyse vérifiée sur le terrain, que la France était rongée par un mal profond : le blocage maladif de la société française avec ses corollaires que sont le statu quo, les acquis sociaux intouchables et la peur d’entreprendre des réformes indispensables, de celles qui font perdre les élections…

Et puis il y a la chance, celle qui faut avoir de son côté lorsque l’on prend des initiatives et surtout celle que l’on sait provoquer par ses initiatives. Et le candidat Macron, il en a eu de la chance. En voici quelques exemples qui n’enlèvent d’ailleurs rien à son mérite.

Tout d’abord, il faut parler du fiasco des primaires auxquelles il avait renoncé à participer. Pour la droite, on attendait Juppé ou Sarkozy et on a eu Fillon. Pour la gauche, les deux seuls candidats qui auraient pu gêner Macron ont disparu. Hollande s’est retiré alors que son duel avec Macron aurait été pathétique et problématique pour le futur président et Valls a été sorti par le frêle Hamon qui assurément ne faisait pas le poids.

Et lorsque Fillon, jugé comme le candidat le plus sérieux a été pris dans les filets de différentes affaires, il a enlevé la dernière épine du pied du candidat Macron.

Certes, la partie n’était pas encore gagnée mais le dernier coup de pouce est arrivé sous la forme de l’accord avec Bayrou, qui a propulsé le candidat Macron en tête des sondages et a largement conforté sa candidature.

Ensuite, la présence de Marine Le Pen au second tour a fait le reste, alors qu’avec Fillon, ou même Mélenchon, l’affaire se serait corsée.

Les législatives ont, comme toujours, conforté le président élu qui a réussi dans son entreprise de renouvellement, ne ménageant ni la droite, ni la gauche.

Le parti socialiste est en effet le grand perdant de cette séquence électorale. Il a été coulé par le tsunami électoral, mais surtout par l’attitude de ses frondeurs, qui n’ont pas hésité à torpiller leur parti au cours du quinquennat sous prétexte que la politique suivie n’était pas assez à gauche à leur goût. La conséquence de cette fantastique analyse idéologique est qu’ils ont tout perdu. Le pouvoir d’abord, les élections ensuite, avec pratiquement tous leurs sièges de députés et un parti qu’ils mettront vingt ans à reconstruire.

Du côté de la droite, il y a aussi une tache indélébile (quoi que en politique rien ne soit jamais définitif) qui aura du mal à s’effacer, celle d’un rassemblement politique qui s’en remet toujours au seul destin d’un homme et n’est pas capable de l’écarter, même si l’intérêt commun l’exige. Seul le sursaut salutaire du second tour des législatives a sauvé la droite d’un désastre similaire à celui subi par le parti socialiste.

Maintenant, Macron va diriger le pays pour cinq ans, avec un pouvoir plus restreint que celui de Hollande à son arrivée à l’Elysée, puisque ce dernier avait la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, puis également au Sénat, alors que la gauche dirigeait toutes les régions sauf une, la majorité des Conseils Généraux et des grandes villes, mais avec bien assez de moyens pour appliquer sa politique.

Face à lui, c’est la Bérézina, le chaos, la division dans chaque camp ou presque. Une partie de la droite votera la confiance, puisque le premier ministre et l’un des leurs, avec une partie des ministres. Aucun ténor de la politique ne prendra la tête de l’opposition qui va mettre du temps pour s’organiser, alors que dans la majorité, les nouveaux députés inexpérimentés mettront au moins autant de temps pour prendre leurs marques.

Le Président Macron dispose donc d’un boulevard pour appliquer son programme. Il semble bien parti pour institutionnaliser de nouveau la fonction présidentielle et représenter dignement et de façon efficace la France à l’étranger.

Reste la politique intérieure et les profondes réformes indispensables à mener. C’est une tache de longue haleine qui devra s’installer pour longtemps…

Claude LEVY 

 

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