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Mort de Simone Veil : une grande Dame s’en est allée

Simone Veil aura marqué de sa formidable empreinte les 50 dernières années que ce soit en France, en Europe ou dans le monde, par son fantastique destin hors du commun, qui la mènera de la sortie du camp d’Auschwitz à la Présidence du Parlement européen, en passant par biens d'autres étapes comme des postes de ministre de la santé ou Académicienne. L'hommage du monde politique a été unanime et des obsèques officielles, quasiment nationales, auront mercredi prochain aux Invalides, en présence du président Macron.

Simone Veil est décédée à son domicile, à l’âge de 89 ans, et les médias français manquent presque de superlatifs pour décrire sa vie et l’apport exceptionnel de cette grande Dame à la Nation Française. Les titres de la presse française sont éloquents : « une femme de combats, Juste Immortelle, Un destin hors du commun, Simone Veil est entrée dans l’histoire, Merci Madame, La combattante, Une femme d’exception, Simone Veil un destin français, Une vie de combats, Simone Veil la femme du siècle, La combattante, Simone Veil nous vous aimons Madame ».

En fait, Simone Veil était une femme exceptionnelle d’un autre monde, justement parce qu’elle avait survécu à un autre monde, celui de la Shoah et de son univers concentrationnaire. Ainsi, Jean d’Ormesson disait d’elle : « Simone Veil était au-dessus de la médiocrité et de la méchanceté du monde ». C’est sans doute parce qu’elle a vécu l’enfer sur terre et qu’elle s’en est sortie, qu’elle a pu « se construire un destin hors du commun ».

Simone Veil est née à Nice le 13 juillet 1927. Le 30 mars 1944, elle passe son bac et est arrêtée par hasard dans la rue, lors d’un contrôle de routine, alors que le reste de sa famille est arrêté par la Gestapo, à l’exception de sa sœur Denise, entrée dans la résistance qui sera arrêtée plus tard, sera déportée à Ravensbrück, d’où elle reviendra.

Toute la famille se retrouve au camp de Drancy. Son père Jean Jacob et son frère seront déportés en Lituanie par le convoi 73 et Simone Veil ne les reverra jamais. Simone, sa mère et sa sœur seront déportées au camp d’Auschwitz où Simone sera enregistrée sous le matricule 78651, qui sera tatoué sur son bras. Les trois membres de la famille sont transférés  à Bobrek en juillet 1944. Puis, en janvier 1945, peu avant la libération du camp d’Auschwitz, les allemands les entraînent dans une « marche de la mort » jusqu’au camp de Bergen-Belsen où sa mère décède du typhus. Elle sera libérée avec sa sœur avec l’arrivée des troupes britanniques le 15 avril 1945. Simone et ses deux sœurs Madeleine et Denise seront les seules survivantes de la famille Jacob.

De retour en France, Simone Veil tente de raconter son épreuve dans les camps, mais elle s’aperçoit bien vite que personne ne veut rien entendre de ce terrible passage dans les camps.

Ayant obtenu son bac le jour de son arrestation elle se lance dans des études de Droit et s’inscrit également à l’Institut d’études politiques de Paris. Trois ans plus tard munie de sa licence de Droit et de son diplôme de l’IEP, elle réussit le concours de la Magistrature et occupe un poste de haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire. Quelques années plus tard, elle deviendra secrétaire générale du Conseil supérieur de la Magistrature.

Sa carrière politique

Nommée ministre de la Santé par Valérie Giscard d’Estaing, dans le gouvernement de Jacques Chirac, elle conservera ce poste sous les gouvernements de Raymond Barre. Elle sera chargée du projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). C’est à cette occasion qu’elle se fera vraiment connaître du public, alors qu’elle résiste à toutes les attaques des opposants d’extrême droite. Le texte de loi sera finalement adopté définitivement à l’Assemblée Nationale le 29 novembre 1974, grâce à l’aide de la gauche. Elle entrera en vigueur le 17 janvier 1975.

Elle conduit ensuite la liste UDF pour les élections européennes de 1979, qu’elle remporte avec 27,61% des suffrages et obtient 25 élus. A la suite de ces élections, elle présente sa candidature  au poste de présidente du parlement européen. Elle est élue  le 17 juillet 1979, au troisième tour de scrutin avec 192 voix contre 133 au socialiste Mario Zagari et 47 voix au communiste Giorgio Amendola.

Trois ans plus tard, elle se retirera au troisième tour de scrutin l’élection pour un second mandat. En 1984, elle conduira une liste unique aux élections européennes avec Jacques Chirac et obtiendra 43,02% des voix et 41 sièges au Parlement européen ;

Après un échec aux élections européennes de 1989, elle reviendra vers la politique française. Elle sera nommée en 1993 ministre d’Etat, ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Balladur.

En 1998, elle sera nommée par le Président du Sénat, René Monory, membre du Conseil Constitutionnel où elle siègera jusqu’en  2007.

Durant ce mandat, elle préside également la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

C’est en 2008 qu’elle est élue à l’Académie française, au fauteuil de Pierre Messmer. Sur son épée d’Immortelle seront gravés son numéro de déporté et les devises de la France et  de l’Union Européenne

En 2009, elle est promue directement à la distinction de grand officier de l’ordre national de la Légion d’honneur.

A la mort de son mari, en 2013, Simone Veil se retire de la vie politique

 

 

 

 

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