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A qui profitera la défaite et la fin de Daesh ?

Il est indéniable que l’Etat Islamique ou Daesh est maintenant sur la défensive, certainement sur le déclin, peut-être même tout proche de la fin. Quand viendra le temps du bilan, on s’apercevra que certes, l’Etat Islamique aura été réduit à sa plus simple expression, mais que les conséquences seront redoutables pour les pays de la région, tous les pays de la région. C’est alors que l’on s’apercevra, que le grand vainqueur de cette confrontation sera certainement l’Iran.

La ville irakienne de Mossoul, aux mains de l’Etat Islamiste depuis presque trois ans est pratiquement tombée et la ville syrienne de Raqqa est sur le point de subir le même sort. Daesh, dans une nouvelle stratégie, va éparpiller ses forces et certainement devenir un groupe terroriste quelconque parmi toutes les organisations terroristes de la région. Que feront alors les diverses coalitions occidentales qui participent aujourd’hui à l’éradication de l’Etat Islamique. L’Irak est un pays divisé avec à sa tête l’ombre d’un gouvernement. Quant à la Syrie, son territoire est complètement morcelé et Assad n’est encore au pouvoir que parce qu’il représente un intérêt pour les russes, mais surtout pour l’Iran.

Quelle est la stratégie de l’Iran ? C’est une stratégie expansionniste basée sur le long terme et la patience qui est appliquée méthodiquement, et dont le but est d’établir une continuité territoriale entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. L’objectif est d’établir un axe du mal de tendance chiite afin de s’opposer au bloc sunnite dirigé par l’Arabie Saoudite, mais aussi et surtout de parvenir à déployer des troupes face à Israël  sur la frontière syrienne et, pourquoi pas, sur la frontière jordanienne, afin de poursuivre la stratégie d'encerclement d'Israël.

Durant toutes ces années de guerre en Irak et en Syrie, l’Etat Islamique n’a jamais été la priorité de l’Iran, bien au contraire. Tout ce qui pouvait conduire à l’affaiblissement de ces deux pays et au pourrissement de leurs situations était du pain béni pour les mollahs iraniens, afin que l’Iran puisse profiter de la confusion extrême et de la quasi-disparition des pouvoirs en place, pour avancer dans ses projets expansionnistes.

L’Iran a établi des zones d’influence irréversibles en Irak, par l’intermédiaire de milices tribales soutenues et armées par Téhéran. En Syrie c’est bien pire encore puisque l’Iran a assis son pouvoir grâce à la présence des troupes terroristes du Hezbollah renforcées et encadrées par des officiers et des troupes d’élite du corps des gardiens de la révolution islamique.

D’ores et déjà, l’Iran a atteint nombres de ses objectifs  en imposant tout d’abord sa présence en Irak et en Syrie. Pour préparer sa future confrontation avec Israël, les responsables iraniens se sont fixés de nouveaux objectifs : ouvrir des couloirs terrestres sécurisés entre l’Iran et le Liban, établir des troupes iraniennes près des frontières israéliennes, construire une base navale en méditerranée sur les côtes syriennes ainsi que des usines d’armements souterraines en Syrie et au Liban.

Les différentes coalitions occidentales qui combattent l’Etat Islamique ne se soucient guère de ce qui se passera plus tard en Syrie, le jour où l’on décidera officiellement que Daesh a été vaincu. Au mieux, les pays occidentaux obtiendront un cessez-le-feu provisoire, mais pour le reste Assad voudra par tous les moyens rester au pouvoir avec l’aide de son allié iranien prêt à des décennies de guerre pour atteindre ses objectifs.

Israël restera seul pour empêcher l’Iran d’ouvrir plusieurs fronts en cas de confrontation. On ne parle déjà plus de guerre contre le Hezbollah dans le nord, on commence à parler d’une guerre face à tous les alliés iraniens dans la région, à laquelle s’ajouterait un peut-être un troisième front à Gaza.

Les généraux israéliens disent que Tsahal a les capacités de combattre sur trois fronts, mais est-ce vraiment la meilleure solution d’attendre que ce défi  lui soit imposé ?

Certains experts estiment qu’il faut profiter dès à présent du fait qu’une partie des troupes du Hezbollah soit embourbée en Syrie, pour porter un coup sévère au groupe terroriste libanais qui détient 150 000 projectiles pointés vers Israël.

D’autres pensent qu’il faut accentuer la pression sur l’Iran en détruisant toutes les usines d’armes déjà installées en Syrie et en saisissant chaque opportunité d’attaquer les structures iraniennes en Syrie et les convois d’armes destinés au Hezbollah.

Naftali Bennett vient de déclarer qu’Israël ne tolèrera pas que l’Iran tente de créer un couloir terrestre continu vers la Syrie et le Liban.

Les responsables israéliens savent très bien que l’Iran sortira gagnant de la disparition de l’Etat Islamique et sont conscients de la menace stratégique pour Israël, que serait une présence renforcée de ce pays en Syrie et au Liban. Ils prétendent qu’ils savent ce qu’ils doivent faire pour la contrer.

Espérons qu’ils disent vrai et agissent déjà en ce sens…

 

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