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L’Europe face à son destin

Le terrorisme islamique a de nouveau frappé l’Europe et cette fois c’est l’Espagne qui a subi la terreur d’une poignée de terroristes qui ont largement profité des lacunes, insuffisances et errements de la politique générale et anti-terroriste de l’Europe toute entière.

 

Voilà des années que l’Europe est la cible du terrorisme arabe, palestinien et islamiste. Car il faut bien le rappeler, tout cela n’a pas débuté avec les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper casher ou du Bataclan. Doit-on rappeler ces sinistres noms de Copernic, de la rue des Rosiers, de Munich durant les Jeux Olympiques, des détournements d’avions occidentaux comme Entebbe ou à Beyrouth, des attentats du GIA algérien dans le métro parisien et plus proche de nous, les attentats dans les transports en commun à Madrid et à Londres ?

Qu’a fait alors l’Europe, tant au niveau politique qu’au niveau sécuritaire pour se défendre et défendre son territoire ? Rien ou presque. Pas de politique préventive positive pour empêcher l’immigration clandestine ou légale (en accompagnant par exemple le développement économique des pays africains), pas de politique de défense commune pour doter l’Europe d’une force de dissuasion conventionnelle respectable, pas de politique étrangère digne de ce nom qui rendrait au «  vieux continent son lustre d’antan » et son influence dans le monde, pas de politique commune des frontières (lamentable échec de Schengen), pas de communauté européenne du renseignement et l’on pourrait ainsi égrener chaque sujet.

L’Europe est à l’arrêt et ne sait pas comment faire pour influer sur la gestion du monde. Plus personne ne tient compte de son avis, ou plutôt de ses avis en matière de politique étrangère où elle n’est capable de s’unir que sur des sujets comme l’étiquetage de certains produits israéliens, pour ne pas se mettre à dos les palestiniens…

En fait aujourd’hui, en matière de politique étrangère, l’Europe marche en ordre dispersé. La gestion de la crise syrienne en est la preuve. Les Européens se sont focalisés sur la lutte contre Daesh, facilitant ainsi la vie (et la survie) de Bachar al-Assad, le boucher de Damas et surtout permettant aux iraniens de s’implanter en Syrie. Car voilà bien le problème à venir en Syrie, au moment où Daesh est en passe d’être vaincu et surtout au moment où ce mouvement terroriste effectue une énième mue qui le rendra beaucoup plus dangereux en Europe qu’en Syrie.

Pendant que les avions français bombardaient les objectifs de l’Etat Islamique et que quelques autres pays européens apportaient leur aide d’une façon différente en Syrie ou en Irak, l’Etat Islamique et d’autres groupes terroristes d’ailleurs envoyaient leurs agents dans les banlieues européennes pour recruter, former et constituer des cellules dormantes.

L’Europe va devoir faire face à une recrudescence des attentats en tous genres, car cela va devenir le moyen de vengeance de l’Etat Islamique après sa défaite en Syrie et en Irak.

Et pourtant l’Europe ne réagit pas. Comment est-ce possible qu’un an après l’attentat au camion bélier de Nice, il existe encore de grandes villes touristiques comme Barcelone, avec de grandes rues piétonnes non sécurisées ? Comment des cellules terroristes peuvent-elles encore s’organiser à la barbe et au nez des services de renseignements et de police ?

La peur de la stigmatisation de la communauté musulmane en Europe conduit à la quasi paralysie des forces sécuritaires.

Une Europe en guerre doit se libérer dès à présent de toutes ces contraintes théoriques. Les djihadistes européens de retour Syrie doivent obligatoirement et immédiatement passer par la case justice et prison. Les mosquées suspectes de soutien ou de propagande doivent être fermées préventivement et les services de police et de renseignements doivent avoir immédiatement les moyens de travailler correctement en Europe même, dans les quartiers à risques, en augmentant sur place le travail de renseignement.

Ensuite, l’Europe doit penser à la prochaine étape en Syrie, en Irak et au Mali. Il faut augmenter massivement et immédiatement les moyens budgétaires des armées européennes, sans se soucier pour la France, par exemple, des 3% de déficit demandés par l’Union Européenne. Est-on en guerre, les soldats français combattent-ils l’ennemi sur le terrain ? Oui répondent en cœur les dirigeants et les citoyens français. Alors ils doivent disposer des meilleurs moyens dans les plus brefs délais.

L’Europe doit s’organiser militairement et monter en puissance pour redevenir une entité internationale respectée et ne plus se faire chahuter sur aucun terrain, pour ne plus avoir à faire face à des situations de chantage comme face à la Turquie qui a largement monnayé son aide factice pour retenir les vagues d’immigrés.

Elle doit aussi le faire car il va falloir s’attendre à de nouveaux développements internationaux dans la guerre en Syrie qui risque de se transformer en embrasement généralisé. Dans ce cas-là, il faudra s’en prendre à l’Iran qui pousse ses pions sans en avoir l’air, prétextant une aide massive à la Syrie.

Le porte-avions Charles de Gaulle sera largement insuffisant et il serait bon que l’Europe ou la France dispose d’un second sous-marin.

La prise de conscience européenne est trop lente et les conséquences risquent d’être lourdes.  Car il faut bien comprendre qu’il faudra du temps, beaucoup de temps pour éradiquer le danger islamiste en Europe.

L’Europe est face à son destin et elle ferait bien de le prendre en main. Le temps presse et les terroristes profitent de chaque seconde pour s’organiser 

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