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Iran, UNESCO, climat : le cavalier seul de Trump

Le Président des Etats-Unis a spectaculairement accéléré sa politique isolationniste la semaine dernière lorsqu’il a refusé de certifier l’application de l’accord sur le nucléaire iranien. Il a ensuite annoncé le départ des Etats-Unis de l’UNESCO en raison du parti-pris anti-israélien de cette institution internationale. Enfin Donald Trump devrait confirmer le retrait des Etats-Unis de l’accord climatique mondial. Indéniablement, les Etats-Unis sont en train de se couper du monde par une politique internationale du cavalier seul… 

 

L’accord sur le nucléaire iranien signé le 14 juillet 2015 n’étant pas un Traité, il n’a pas été soumis par Obama à l’approbation du Congrès. Pour ne pas être mis hors-jeux dans le futur, le Congrès américain a alors adopté une loi qui oblige le président américain en place à certifier, tous les 90 jours, la bonne application du Traité par l’Iran.

C’est ce qu’a fait, déjà à deux reprises, Donald Trump. Mécontent de l’attitude iranienne dans plusieurs domaines, le Président des Etats-Unis a estimé, cette fois, qu’il ne certifierait pas l’accord à la date du 15 octobre 2017.

Le Congrès a désormais 60 jours pour accepter la position du Président et voter alors des sanctions contre l’Iran, ou pour rejeter la position de Trump et laisser se poursuivre l’application de l’accord sans imposer de sanctions.

En dehors du fait qu’il pense que l’accord est trop favorable à Téhéran, que reproche Trump à l’Iran ? Le président américain soupçonne l’Iran de profiter des avantages que lui procure la signature de l’accord, afin de consacrer ses nouveaux moyens financiers à l’aide au terrorisme international ou au soutien financier de la Syrie, de développer des sites nucléaires militaires secrets, de déstabiliser le Moyen-Orient et de développer son programme de missiles balistiques.

Donc, contre l’avis du monde entier, mis à part Israël, Trump va tenter de rebattre les cartes en essayant d’imposer de nouvelles conditions dans le Traité iranien.

Un jour avant, Donald Trump a indiqué que les Etats-Unis quittaient l’UNESCO, qualifiée d’organisation « anti-israélienne ». Le déclic de cette décision vient du vote d’une résolution qui accordait à la ville d’Hébron son inscription sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité, en tant que patrimoine palestinien. La brouille entre les Etats-Unis et l’UNESCO ne date pas d’hier mais a commencé en 2011 lorsque « l’Etat de Palestine » a été admis comme membre de l’Institution. Depuis, les Etats-Unis ont cessé de payer leur contribution.

A ce sujet, Benyamin Netanyahou a indiqué qu’Israël emboiterait le pas des Etats-Unis et quitterait également l’UNESCO. Il n’est pas sûr que ce soit une bonne idée, non pas qu’il soit agréable pour Israël d’être le bouc émissaire permanent de cette organisation, comme c’est le cas d’ailleurs dans de nombreuses organisations internationales, mais surtout parce que ce serait d’abord et avant tout une victoire offerte gratuitement aux palestiniens et aux pays qui les soutiennent automatiquement.

Et puis, ce serait aussi une invitation à ces mêmes pays de pousser leur avantage en essayant de reproduire la même situation à l’OMS, au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU etc.

Jusqu’à aujourd’hui, la politique de la chaise vide ou du retrait d’Israël des organisations internationales était prohibée par Israël et il serait préjudiciable d’en changer. D’autant que si les Etats-Unis n’auront aucun problème pour réintégrer l’UNESCO, il n’en sera certainement pas de même pour Israël, qui n’est pas assuré de pouvoir revenir un jour, car ce retour passera par un vote des Etats membres…

Enfin, il faut noter que Donald Trump n’a pas renoncé à quitter l’accord sur le climat de la COP21, comme il l’a annoncé depuis quelques mois. Dans son entourage, on indique que des décisions concrètes seront prises dans ce domaine dès les prochaines semaines. Encore un sujet important  sur lequel Donald Trump veut se désolidariser du reste du monde.

Les Etats-Unis s’enfoncent donc dans l’isolationnisme, avec  la poursuite du cavalier seul de Trump et la question sera désormais de savoir si la position sera tenable longtemps, à la fois pour les américains et leurs alliés naturels… 

 

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