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Benyamin Netanyahou mis en minorité devant la Commission interministérielle des lois

Coup dur pour le premier ministre Benyamin Netanyahou qui n’a pu s’opposer à la volonté de ses ministres d’approuver un projet de loi visant à régulariser le statut des implantations en Judée et Samarie, et notamment l’implantation d’Amona. L’opposition de Benyamin Netanyahou à ce projet de loi a été purement et simplement balayée par les ministres qui ont adopté le projet à l’unanimité.Comment le Premier Ministre a-t-il pu se retrouver dans cette situation où même ses plus proches soutiens dans le gouvernement votent contre lui ?

 

Ce cinglant échec tient au fait que la seule raison de vivre du premier ministre d’Israël n’est pas de proposer une vision pour son pays et de se mettre clairement au service de cette vision, mais d’imposer un statu quo dans tous les domaines, afin de pouvoir conserver le plus longtemps possible son poste à la tête du pays.

Vainqueur des élections en piétinant sur les plates-bandes des partis les plus à droite de l’échiquier politique, il compose une coalition hétéroclite en dépensant les milliards de l’Etat comme des petits pains, afin de pouvoir s’assurer le poste tant convoité.  Victime du chantage de ceux qui comprennent que sa majorité à une voix est intenable, il cède devant chaque sous-fifre afin de conserver son poste à tout prix.

N’ayant aucune ligne politique liée à une vision, il accepte tout et n’importe quoi dans les accords de coalition pourvu qu’on ne vienne pas le déranger durant son mandat.

En dehors de cela, il fait barrage dans son propre parti, à tout ministre qui pourrait lui faire de l’ombre et se révéler comme un concurrent interne pour la place de premier ministre. Dos au mur, il accepte n’importe quelle condition qui lui permette de rester en place, comme déposséder Yaalon du poste de ministre de la Défense pour satisfaire le caprice de Lieberman qui lui apporte en contrepartie les cinq sièges de députés salvateurs qui lui manquaient…

Netanyahou ne prend jamais vraiment de décisions. Il préfère rester en retrait, faire le moins de vagues possibles, ne vexer personne afin de préserver ce fameux statu-quo, c’est-à-dire l’environnement et l’ambiance qui lui permettent de rester en place.

Jusqu’à présent, il avait réussi à tout contrôler, à préserver cet équilibre indispensable à la conservation de son poste. Pourtant, il aurait dû se méfier, car à force de transformer ses meilleurs soutiens en meilleurs ennemis, de prendre des positions hypocrites pour préserver la chèvre et le choux, de jouer les uns contre les autres pour annihiler toute évolution, on finit un jour par perdre sur tous les tableaux.

La tactique adoptée par Netanyahou face à la droitisation de son camp politique était jusqu’à présent de caresser tout le monde dans le sens du poil, en faisant mine d’accepter toute proposition de loi, tout en s’ingéniant à les torpiller en sous-main.

Dans le même temps, et c’est là où le bât blesse, Netanyahou n’a jamais vraiment proposé d’alternatives, n’a jamais vraiment levé le voile sur ses intentions et ne s’est contenté que d’être un arbitre. Ce n’est pas là le rôle d’un premier ministre, l’immobilise n’ayant jamais fait un bon programme politique.

La vérité est que Benyamin Netanyahou n’a jamais fait preuve de courage politique et qu’il n’a jamais été élu sur la base d’un programme clair, car il n’a pas de programme clair. C’est en fait un suiveur de tendances, qui va surfer sur la vague la plus porteuse du moment. A l’intérieur du Likoud, il n’a jamais combattu les courants les plus à droite. Il s’est contenté de rester majoritaire dans la majorité du Likoud en éliminant ses concurrents internes.

Mais voilà, aujourd’hui, cela ne suffit plus. Devant l’avancée des idées de droite, Netanyahou a longtemps fait le dos rond et incarné la seule option crédible pour constituer une majorité et la diriger.

Les hommes de conviction, fidèles à leur idéologie, réussissent maintenant à imposer leurs idées en donnant le tempo au gouvernement. Et rien ne les arrête plus.

Pour eux, la Cour Suprême d’Israël n’a pas le droit de contrôler les lois votées par la Knesset, ou la conformité avec le droit de certaines dispositions, donc il faut voter une loi en ce sens afin de bâillonner l’Autorité judiciaire du pays. Au lieu de combattre par le débat démocratique les organisations de gauche dont l’activisme contre Israël ne leur convient pas, ils préfèrent là aussi voter une loi pour tenter de les faire taire.

Le vrai sujet de cette loi de régularisation est à chercher du côté politique, le vrai objectif de cette loi est de courcircuiter et prendre de vitesse la Cour Suprême qui est devenue le seul empêcheur de tourner en rond d’une droite extrême prête à tout pour se débarrasser des contraintes légales et démocratiques qui pourraient s’opposer à ses idées.

Où est donc Netanyahou, lui qui n’avait jamais permis qu’on s’en prenne de la sorte à la Cour Suprême ? Car il ne faut pas être devin pour comprendre que les implantations ne sont pas la vraie préoccupation des ministres aujourd’hui, même si pour eux c’est un excellent prétexte à mettre en avant.

Il est perdu, car il n’a plus de réponse à sa seule obsession : comment dans ces conditions garder le pouvoir ?

Pour cela, il va devoir trouver rapidement une solution…

 

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