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Une réconciliation palestinienne sous influence iranienne

Une nouvelle fois les « frères ennemis » palestiniens viennent de se réconcilier officiellement à grands renforts de beaux sourires hypocrites et de publicité mensongère comme seuls le Hamas et l’Autorité Palestinienne savent le faire. Tout le monde a conscience que cette réconciliation n’est qu’une façade destinée avant tout à mettre Israël en difficulté sur la scène internationale en faisant croire que Mahmoud Abbas est désormais le représentant de tous les palestiniens mais tout le monde aussi feint de croire à cette « réalité surréaliste »..

 

Ce supposé accord est aussi destiné à relooker, façon soft, le mouvement terroriste de la Bande de Gaza, qui s’effacerait derrière l’Autorité Palestinienne responsable désormais d’organiser la gestion du territoire contrôlé par le Hamas.

Mais si cette apparence pourrait sembler être importante pour Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne, il ne faut nullement sous-estimer ce qu’elle cache en réalité : le ralliement pur et simple du Hamas à la stratégie régionale iranienne destinée à rayer de la carte l’Etat d’Israël.

Le Hamas, notamment après le renouvellement de sa direction, s’est très sensiblement rapproché des iraniens qui sont devenus leur seule bouée de sauvetage. Mais, et le Hamas en était conscient également, avec l’Iran rien n’est gratuit et le prix à payer dans ce cas-là est d’entrer complètement dans la stratégie régionale iranienne.

Depuis que la guerre en Syrie a donné l’occasion à l’Iran de s’approcher physiquement des frontières israéliennes, la stratégie d’encerclement de l’Etat Hébreu s’est fortement accélérée.

En plus de la frontière libanaise, l’Iran tente de s’implanter sur toute parcelle de frontière entre Israël et la Syrie avec l’aide de ses vassaux du Hezbollah et de milices chiites. Aujourd’hui, l’Iran tente d’imposer son modèle stratégique dans la Bande de Gaza, avec un territoire géré par une entité (l’Autorité Palestinienne), mais contrôlé par un pouvoir militaire indépendant destiné à défendre le territoire contre l’agresseur sioniste.

C’est pourquoi le Hamas s’est résigné à laisser la place à l’Autorité Palestinienne pour la gestion de la Bande de Gaza, mais c’est aussi pourquoi il gardera son arsenal militaire sous son unique contrôle.

Donc, si cet accord de réconciliation palestinien devait se confirmer dans les faits, on assisterait à l’application du modèle Liban/Hezbollah dans la Bande de Gaza.

Intégrer la force militaire indétrônable du Hamas, dans la stratégie d’encerclement d’Israël, serait une grande victoire de l’Iran sur le dos des palestiniens.

Dans cette optique, les deux perdants de cette réconciliation seront l’Autorité Palestinienne et Israël, les deux gagnants étant le Hamas et l’Iran.

Israël verrait la confirmation en cas de guerre contre le Hezbollah un front s’ouvrirait également  au sud, dans la Bande de Gaza et l’Autorité Palestinienne s’apercevrait alors qu’elle ne contrôle vraiment rien à Gaza. Si Israël a déjà intégré cette réalité dans sa stratégie contre l’Iran, le naïf Mahmoud Abbas s’apercevra bien trop tard qu’il s’est fait encore une fois roulé dans la farine, aveuglé qu’il est par sa seule volonté d’imposer un Etat Palestinien sans négociation et de façon unilatérale.

Quant aux dirigeants iraniens, leur seule préoccupation est de détruire Israël et de mettre la main sur toute la région. Ils contrôlent déjà l’Irak, le Liban, le Yémen et bientôt la Syrie et la Bande de Gaza. Leur idée est de s’installer aux frontières d’Israël et de mener une guerre contre « l’Etat sioniste » par l’intermédiaire de groupes terroristes qu’ils contrôlent et qu’ils arment en conséquence.

C’est pourquoi Israël exige le désarmement du Hamas et s’oppose à l’implantation de l’Iran et de ses alliés en Syrie. Mais comme on sait que l’Iran ne renonce jamais à ses acquis et ne recule jamais pour atteindre ses objectifs, on ne peut écarter maintenant, après les lourdes défaites de l’Etat Islamique en Syrie, qu’une guerre éclate entre Israël et l’Iran.

Les russes ont en effet indiqué que leur mission en Syrie allait se terminer, puisque leurs objectifs avaient été atteints. Ils vont donc laisser Assad (et ses alliés iraniens) seuls face à leur destin.  Donald Trump s’attaque maintenant à l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui obligera peut-être les iraniens à réactiver leur programme nucléaire. L’armée américaine a annoncé qu’elle était prête à répondre aux ordres du Président, quel que soit l’endroit dans le monde. Israël ne veut aucune présence iranienne en Syrie et surtout pas d’un Iran possédant la bombe. La coalition sunnite rassemblant les pays du Golfe ne rêve que d’une chose : écarter la menace iranienne.

Il ne manque plus qu’une chose : la petite étincelle qui fera exploser ce concentré savamment orchestré par les mollahs de Téhéran.

Alors, à quand la vraie réconciliation palestinienne ? Pas pour aujourd’hui, assurément !

Claude LEVY

 

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