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27/11/20

Commémoration des 25 ans de l’assassinat d’Itshak Rabin

Le 4 novembre 1995, le camp de la paix organisait une manifestation de soutien au processus de paix initié par Itshak Rabin et Shimon Pérès devant la mairie de Tel-Aviv. Ce rassemblement obtenait un succès inespéré qui redonnait espoir aux partisans de ce processus qui semblait peu soutenu par la population israélienne. Mais, si ce rassemblement est devenu historique, ce n’est pas en raison de son succès ou des beaux discours entendus, c’est parce que trois détonations ont brisé bien des espoirs et ont fait vaciller la démocratie israélienne. On avait tiré sur le Premier Ministre, celui-là même qui chantait la chanson pour la paix quelques minutes auparavant sur l’estrade, venait d’être lâchement abattu dans le dos.

Dans les rangs des participants où la joie et l’optimisme régnait, personne n’a vraiment compris ce qui se passait. Un petit mouvement de foule, un départ précipité de voitures officielles, rien de bien inquiétant, car le bruit des détonations avait été couvert par celui du rassemblement. Et pourtant, très rapidement la rumeur d’un attentat s’est mise à circuler. Alors le silence s’est installé sur cette place, puis la consternation car on avait maintenant confirmation qu’on avait tiré sur Itshak Rabin. Ensuite, ce fut la stupeur d’apprendre que le Premier Ministre était blessé et avait été conduit en urgence, dans sa voiture à l’hôpital Echilov.

Deux heures plus tard, alors que tout le pays était devant son poste de télévision, Eytan Haber, directeur de cabinet du Premier Ministre apparaissait à l’antenne, en direct depuis l’hôpital, pour lire un bref communiqué du gouvernement israélien annonçant le décès du Premier Ministre Itshak Rabin.

Il y a des soirées comme celle-là où l’on ne comprend pas vraiment tout ce qui se passe, alors que pourtant tout se déroule de façon très claire devant nos yeux. Un jeune juif avait tiré sur le Premier Ministre de l’Etat d’Israël. L’inimaginable venait d’être commis. Comme si les guerres avec les pays arabes ne suffisaient pas, que les attentats terroristes palestiniens n’étaient pas assez douloureux, c’était par la main d’un juif que le Premier Ministre de l’Etat juif venait de périr.

Vingt cinq ans plus tard, ce sont 25.000 bougies qui ont été allumées à Tel-Aviv, sur le « kikar Rabin », la place Rabin, à l’endroit même où s’était tenu le rassemblement, afin de marquer l’assassinat et rendre hommage à la mémoire d’Itshak Rabin.

Une petite cérémonie a été également organisée par la mairie de Tel-Aviv sur le lieu même de l’assassinat et uniquement pour les membres de la famille de l’ancien Premier Ministre.

Quant à son meurtrier, un terroriste d’extrême droite, il est encore et toujours en prison. Il était opposé aux accords d’Oslo signé entre Israël et les Palestiniens et voulait tuer la paix en tuant le Premier Ministre, signataire de ces accords récompensés par un triple Prix Nobel de la Paix (Rabin, Pérès, Arafat).

A la Knesset, s’est tenue une réunion spécialement consacrée à la commémoration de l’assassinat du Premier Ministre, au cours de laquelle plusieurs leaders politiques se sont exprimés.

Une fois encore, Benyamin Netanyahou a tenu à se justifier face aux accusations de l’époque qui le pointaient du doigt pour sa responsabilité dans l’installation d’une atmosphère de haine contre le Premier Ministre d’alors.

Il a même osé, sans la moindre honte, comparer sa situation actuelle, à celle d’Itshak Rabin au moment de l’assassinat, en prétendant qu’il était aujourd’hui haï et menacé… « Vingt cinq ans après le meurtre de Rabin, il y a des incitations à assassiner le Premier Ministre et sa famille, et presque personne ne dit rien », a-t-il déclaré sous les huées de certains députés.

Ce n’était pas un discours digne d’un Premier Ministre, dont les considérations personnelles ont, comme toujours, pris le dessus sur l’intérêt général du pays. Netanyahou vient rendre hommage à son prédécesseur et ne parle que de lui…

Heureusement, en Israël, il y a aussi un Président qui sait remettre les choses en place et a rendu un vibrant hommage à Itshak Rabin. Puis il a déploré les divisions actuelles du pays : « Je m’interroge sur l’âme de ce pays qu’Yitzhak a tant aimé. Cette année, plus que jamais, nous sommes réunis ici aujourd’hui et je crains que les flammes qui nous habitent ne soient un danger pour notre pays », a déclaré M. Rivlin.

Vingt cinq ans après l’assassinat d’Itshak Rabin, ceux-là mêmes qui attisaient les flammes n’ont toujours rien compris et ne sont pas prêts à comprendre ce que Rabin nous a laissé en héritage.

Israel-Francophone.com