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27/11/20

Quand Benny Gantz fait monter la pression face à Netanyahou

Benny Gantz a joué sa carrière politique sur un coup de poker après les dernières élections législatives. Fort de la recommandation d’une majorité de députés, il avait été désigné par le Président Rivlin pour former le gouvernement, ce même Président qui lui avait vivement conseillé lors des élections précédentes de « s’allier » à Netanyahou en le laissant gouverner pour une période définie, tout en accumulant de l’expérience pour pouvoir diriger à son tour le pays dans un avenir proche.

En position de force lors du dernier scrutin, il avait, à la surprise générale, décidé de constituer un gouvernement d’urgence nationale avec Netanyahou à sa tête, pour combattre dans un premier temps la pandémie, puis remplacer Netanyahou au poste de Premier Ministre en septembre 2021.

A ce moment-là Gantz avait justifié son choix par le fait que toute solution était préférable à de nouvelles élections. Conforté dans sa position de Premier Ministre, la seule suffisante pour défendre selon lui ses propres intérêts, Netanyahou a pourtant décidé de mener la vie dure à son « partenaire ». Celui-ci s’y attendait certainement, au vu de tous les garde-fous disséminés dans l’accord de coalition et dans la répartition des postes ministériels, mais le coup fût tout de même rude à supporter.

Netanyahou a tout de même réussi à se préserver une échappatoire, si mince soit-il et aujourd’hui c’est le seul joker qu’il lui reste pour provoquer éventuellement des élections anticipées. En effet, si le gouvernement tombe parce qu’aucun budget n’a pu être voté, alors Netanyahou restera Premier Ministre durant la période pré-électorale. Dans tous les autres cas, c’est à Benny Gantz que reviendra le poste de Premier Ministre durant cette même période.

Gantz a su contourner le premier écueil du 24 août dernier en repoussant la date butoir du budget au mois de décembre, mais Netanyahou n’a pas renoncé à utiliser son joker et se refuse pour l’instant à présenter un budget pour 2021.

La pratique du pouvoir aux côtés de Netanyahou est éprouvante, parce qu’une fois en place, il décide seul de tout. C’est comme cela qu’il a toujours agi et surtout c’est comme cela que ses partenaires dans les différentes coalitions l’ont laissé agir.

Seulement voilà, à l’épreuve du feu Gantz apprend vite et ne se laisse plus faire. L’humiliation des « Accords d’Abraham », pour lesquels Netanyahou a écarté à la fois le ministre des Affaires Etrangères et le ministre de la Défense, en leur cachant également le volet de la vente des F-35 aux Emirats Arabes Unis, et qui venait après le coup de bluff de l’annexion de pans de la Judée et Samarie décidée pour le 1er juillet, a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Dès lors, Gantz indique que d’éventuelles nouvelles élections seraient préférables à un gouvernement sans budget. Du même coup, il fait sauter le verrou de Netanyahou en indiquant qu’il pourrait former une nouvelle coalition, rappelant par là-même que Netanyahou n’a pas la majorité à la Knesset, même avec l’aide des partis religieux et de Yamina.

Depuis quelques semaines on voit bien que Benny Gantz a pris la mesure de son poste et de sa place dans le monde politique israélien. Il avait pesé de tout son poids contre l’annexion unilatérale de la Judée et Samarie, version Bibi, il a tenu bon pour passer l’écueil du budget au mois d’août et maintenant, il reprend la main dans les négociations des accords militaires avec les Etats-Unis et parle également de bonnes voix de paix qu’il entend venant du Liban, en rendant visite aux soldats qui participent à un grand exercice à la frontière militaire.

Pour la première fois Netanyahou est alors obligé de prendre le train en marche et vient voir les mêmes soldats le lendemain pour menacer le Hezbollah…

A l’issue de négociations intenses avec son homologue américain, il semblerait que Gantz ait réussi l’impensable. Pour qu’Israël conserve sa supériorité militaire qualitative face à tous les pays dans la région, les Etats-Unis aurait accepté pour la première fois, de vendre à son allié israélien le chasseur furtif F-22, qualifié de meilleur avion du monde. De même, Israël serait autorisé à acquérir les fameuses bombes américaines à guidage laser. Tout cela en compensation de la décision américaine de vendre des avions F-35 aux Etats arabes du Golfe.

Alors, Gantz active un autre front contre le Premier Ministre. A la Knesset des bruits courent au sujet de députés du Likoud qui ne supporteraient plus l’attitude de Netanyahou et seraient prêts à certaines alliances pour le renverser. Boogie Yaalon, ancien ministre de la Défense du même Netanyahou, du temps où il était au Likoud, n’a-t-il pas dit qu’il était prêt à travailler avec Gantz pour remplacer Netanyahou. Gantz en a même profité pour annoncer que, le cas échéant, il pourrait soutenir une coalition qui porterait Yaalon au poste de Premier Ministre. Voilà un contre feu au chantage politique de Netanyahou sur le budget.

En bref, le diesel Gantz, qui a eu quelques ratés au démarrage, commence à carburer et à prendre toute sa place au sein du monde politique israélien. S’il maintient le cap, Netanyahou aura bien vite du souci à se faire…   

Israel-Francophone.com