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30/11/20

Tsahal, colonne vertébrale de l’Etat d’Israël

La semaine dernière, durant quatre jours, un exercice de Tsahal, intitulé « Flèche mortelle », d’une ampleur exceptionnelle, s’est tenu dans le nord du pays, face aux frontières libanaise et syrienne. Pour la première fois depuis longtemps, cet exercice regroupait la quasi-totalité des commandements de l’armée israélienne. C’était l’occasion pour Tsahal de tester la nouvelle théorie soigneusement mise en place par son chef d’état-major Aviv Kohavi.

Selon lui, Tsahal doit redevenir une armée offensive, quel que soit son ennemi et doit se donner les moyens de porter la guerre sur le territoire ennemi très rapidement, avec une force de frappe inégalée qui étouffera et détruira l’adversaire dans les premières heures du conflit.

On pourrait se poser la question de savoir comment et pourquoi Tsahal a tenu un exercice d’une telle ampleur en pleine crise Covid. C’est que Tsahal ne peut pas se permettre d’attendre, que de chaque minute de préparation dépend son efficacité et sa force de dissuasion. Et cela montre aussi que tout l’armée israélienne est indispensable au pays et qu’elle doit tenir son rang.

On le voit bien, puisqu’en période de crise, quand la situation s’aggrave, pour y remédier, on fait appel à Tsahal.

Tsahal, c’est d’abord le creuset de la nation. C’est un sacrifice indispensable demandé aux jeunes du pays, qui passent trois ans de leur vie à servir, mettant entre parenthèses leurs études. Ensuite, c’est la première « entreprise » du pays par son budget, par le nombre de ses « employés » et retraités, par sa place dans l’économie. Si le High Tech est si performant en Israël c’est en grande partie grâce aux ingénieurs qui ont servi dans Tsahal et ont été ensuite recrutés dans le privé, c’est aussi grâce aux recherches et au développement de technologies innovantes effectuées par Tsahal que le pays se développe.

En bref, enlevez Tsahal du décor israélien et vous trouverez un pays presque quelconque, voire même en retard sur beaucoup d’autres dans tous les domaines.

Voilà pourquoi aussi, il faut considérer que l’armée israélienne doit être tenue à l’écart de tous les débats politiques ou de tous les hommes politiques qui tentent de se servir de ses succès ou d’en tirer des avantages personnels. Tsahal appartient au pays, c’est un capital commun à tous et elle est intouchable.

Face aux dangers qui menacent Israël, l’armée doit toujours posséder une longueur d’avance sur ses ennemis, qu’il s’agisse des ennemis d’aujourd’hui ou d’ennemis potentiels futurs. D’où l’importance des négociations sur la supériorité militaire qualitative de Tsahal, menée face à l’allié américain.

A ce sujet, on peut constater que ces négociations vitales se tiennent dans des circonstances exceptionnelles, à la veille de l’élection présidentielle américaine, dont le résultat est très incertain. La victoire de Biden, pourrait ainsi remettre en question un accord conclu par Trump… Et tout cela parce que Netanyahou a caché à l’échelon militaire la vente d’avions F-35 prévue dans l’accord avec les Emirats Arabes Unis. Si des négociations avaient débuté à ce moment-là avec Trump, les accords auraient été définitivement conclus aujourd’hui.

Tout cela pour dire qu’il s’agit là de préserver la force de dissuasion de Tsahal, donc la sécurité d’Israël et, le cas échéant de permettre à l’armée israélienne d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

L’Accord d’Abraham, si important soit-il, le sera d’autant plus si Israël obtient des Etats-Unis les armes et technologies qui lui manquent.

Dans le conflit avec l’Iran qui, si rien ne change, se profile à l’horizon, Israël a autant besoin d’un accord politique avec de nombreux pays du Golfe, que d’un renforcement de l’accord de supériorité militaire qualitative signé avec les américains.

L’accord avec les Emirats Arabes Unis et Barhein, et sans doute avec d’autres pays bientôt, permettra à ces pays arabes de bénéficier des technologies de défense israéliennes et américaines, mais donnera aussi à Israël l’opportunité d’installer des « têtes de pont » militaires à 15 kilomètres des frontières iraniennes… C’est mieux que si Israël possédait deux porte-avions présents dans le Golfe Persique…

D’autre part, l’éventuelle livraison par les Etats-Unis à Israël, d’avions de chasse F-22, de dix F-35 supplémentaires, de bombes anti bunker et d’hélicoptères de transport V-22 changera totalement la donne face à l’Iran. Et c’est cela dont il est question.

Comme on le voit Tsahal est un élément essentiel de l’Etat d’Israël, seul pays démocratique de la région. De nos jours, il est essentiel pour les démocraties de pouvoir défendre leurs valeurs, voire même leur existence. Et le seul moyen est de posséder des forces de sécurité efficaces.

Tsahal le démontre chaque jour en étant l’épine dorsale du pays, celle qui tient à bout de bras, par sa force de dissuasion, l’existence de notre démocratie face au danger obscurantiste…

Claude LEVY

Israel-Francophone.com