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Cérémonie du 11 novembre à Akko en présence de Madame Hélène LE GAL, Ambassadrice de France en Israël

Comme chaque année, c’est au carré militaire Caffarelli à Akko que s’est déroulée la cérémonie du 11 novembre en hommage aux soldats morts pour la France. Cette cérémonie est organisée par l’ambassade de France, avec l’aide de la ville de Saint-Jean d’Acre, dans le lieu où reposent le Général de Caffarelli et certains de ses compagnons d’armes tués durant le siège d’Akko mené par les troupes de Bonaparte en 1799.

 

La cérémonie s’est en fait déroulée le 10 novembre, le 11 novembre tombant cette année un vendredi, ce qui posait de nombreux problèmes d’organisation en cette veille de chabbat.

Comme chaque année, une délégation des anciens combattants français était présente, avec à sa tête Monsieur Jacques Prelman, Président de l’association des anciens combattants français en Israël.

Le colonel Bruno CONSTANTINI, Attaché de Défense présidait la cérémonie, aux côtés de Madame Hélène LE GAL, ambassadrice de France en Israël.

Le maire d’Akko, Shimon LANKRI étant en voyage à l’étranger, c’est Claude LEVY responsable des relations avec la France à la mairie d’Akko et Conseiller Consulaire, qui le représentait.

A noter la présence, comme chaque année d’ailleurs, de Madame Daphna POZNANSKI-BENHAMOU, Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) qui assistait à cette cérémonie.

Le Consul Général de France à Tel-Aviv, Franck VERMEULEN, la Consule de France à Haïfa, Catherine CROSNIER et La Consule Honoraire à Netanya étaient également présents.

La cérémonie a débuté par un discours du Colonel Bruno CONTANTINI, qui a notamment évoqué les batailles de Verdun et de la Somme en indiquant que cette guerre fût extrêmement meurtrière, avec une moyenne de 1000 soldats tués  et 1600 autres blessés chaque jour.

Puis ce fût au tour de Claude LEVY de prononcer un discours au nom du maire d’Akko (voir l’intégralité du discours à la fin de l’article).

Le Président Jacques PRELMAN, faisait ensuite une intervention remarquée au nom des anciens combattants évoquant notamment le fait qu’à la fin de la première guerre mondiale, tout le monde pensait que ce serait « la der des der », prévision qui fût démentie par l’éclatement de la seconde guerre mondiale.

Enfin, Madame Hélène LE GAL était la dernière intervenante de cette cérémonie (voir ci-dessous son intervention).

Les personnalités présentes ont ensuite déposé les gerbes au pied de la stèle commémorative du carré Caffarelli, avant que tous les participants respectent une minute de silence.

L’orchestre du conservatoire municipal d’Akko a ensuite exécuté la Marseillaise, puis la Tikva, alors qu’un détachement des cadets de la Marine israélienne, venu de l’Ecole des Officiers de Marine d’Akko, rendait les honneurs militaires.

La cérémonie se terminait par les remerciements appuyés des personnalités présentes adressés au détachement militaire et aux jeunes de l’orchestre du Conservatoire municipal.

 

 

 

Le discours de madame Hélène LE GAL, ambassadrice de France en Israël

Très Chers Amis,

Merci d’être venus, comme chaque année, dans ce cimetière de Saint-Jean d’Acre. Nous commémorons le 98ème anniversaire de l’armistice du premier conflit mondial et nous rendons hommage aux millions de soldats tombés au combat, en France, en Europe et dans le monde, lors de ce conflit.

Il y a cent ans, le 11 novembre 1916, la France, l’Europe et une partie du monde étaient engagées depuis plus de deux ans dans la Première Guerre mondiale. Au cours de cette année 1916, la France devait connaître deux batailles qui ont marqué à jamais sa mémoire, ses paysages et les familles de millions de soldats : à Verdun où sont tombés des combattants venus de métropole, d’outre-mer et des anciennes colonies, le chiffre des pertes dans les deux camps s’est élevé à 700 000 morts ; dans la Somme, les pertes ont atteint le million de morts et touché également des soldats australiens et néo-zélandais, ainsi que des Africains du Sud, des Britanniques, des Canadiens et des Irlandais.

La commémoration de ces deux événements en France, il y a quelques mois, a été une nouvelle fois l’occasion de mesurer à quels extrêmes le nationalisme a conduit l’Europe.

Aujourd’hui, dans un monde plein d’incertitudes et de nouveaux drames guerriers et alors que nous guette la tentation du repli sur soi, il est essentiel de transmettre le message mémoriel aux jeunes générations.

Cette guerre et ses millions de soldats perdus, aurait dû être la dernière. C’était l’espoir des survivants de 1914-1918. C’était compter sans l’esprit de revanche, sans les ravages de la crise économique, sans le fléau des extrémismes. Et il fallut un désastre encore plus ravageur, un déchaînement encore plus terrifiant, dont la Shoah fut le paroxysme, pour que de cette épouvante sortent enfin la paix durable en Europe, les Nations unies, la charte universelle des droits de l’Homme et l’Union européenne. Le prix se compta en millions d’êtres humains.

Nous avons appris de l’histoire qu’une fois que les armes se sont tues, commence un autre défi, qui est celui de construire la paix. De la part de chacun des adversaires d’hier, devenir les partenaires d’aujourd’hui a demandé du courage, de la compréhension et de la persévérance. Les nations européennes, les ennemis d’hier, ont emprunté ce chemin : elles ont choisi la voie de la réconciliation pour regarder vers l’avenir. C’est ce message de réconciliation, difficile mais toujours possible, que la France veut porter aujourd’hui, particulièrement ici, en Israël, et plus largement au Proche-Orient.

La paix et la sécurité, c’est ce que nous souhaitons ardemment pour Israël et tous les peuples de la région. Notre action sur la scène internationale, nos initiatives, n’ont d’autre but que celui-là.

Messieurs les anciens combattants, vous qui avez combattu pour la liberté, je souhaite vous redire notre immense gratitude. Permettez-moi également de rendre hommage aux soldats français déployés hors de nos frontières : plusieurs ont donné leur vie en combattant le terrorisme. Il y a encore quelques jours, au Mali, Fabien Jacq, un sous-officier, est décédé. C’était le 17e soldat tué au Mali.

Je ne voudrais pas terminer cette brève intervention sans exprimer les remerciements de la France au maire de Saint-Jean d’Acre, M. Shimon Lankri, ainsi qu’à toute l’équipe de la municipalité pour son soutien fidèle et sa contribution à l’entretien de ce site historique érigé à la mémoire du général Louis de Caffarelli ainsi qu’à celle de sept de ses compagnons tombés lors du siège de St Jean d’Acre en 1799 lors de la campagne de Syrie menée par Bonaparte. Nous leur rendons hommage comme nous rendons hommage désormais en ce jour aux victimes « mortes pour la France » dans tous les conflits, des plus anciens aux plus actuels.

En leur mémoire, je vous invite à observer une minute de silence.

 

 

Discours de Monsieur Claude LEVY, représentant du Maire d’Akko et Conseiller Consulaire

Madame Hélène LE GAL, Ambassadrice de France en Israël,

Colonel Bruno CONSTANTINI, Attaché de Défense

Madame Daphna POZNANSKI-BENHAMOU, Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Etranger,

Monsieur Franck VERMEULEN, Consul Général de France à Tel-Aviv,

Madame Catherine CROSNIER, Consule de France à Haïfa 

Monsieur Jacques Prelman, Président des Anciens combattants de France en Israël,

Madame Nathalie MIMOUN, Consule Honoraire à Netanya

Mesdames et messieurs, chers amis,

Je tiens tout d’abord à vous transmettre les regrets de Monsieur Shimon LANKRI, maire d’Akko, qui n’a pu se joindre à nous aujourd’hui, comme il l’a fait régulièrement jusqu’à présent, puisqu’il se trouve actuellement en voyage officiel à l’étrange.  C’est la raison pour laquelle il m’a demandé de le représenter et de représenter la mairie d’Akko lors de cette cérémonie.

Le 11 novembre 1918, les généraux allemands et français réunis à la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, signaient à 5h15 du matin l’armistice qui mettait fin à cinq années de guerre totale. De manière tout à fait symbolique, ce cessez-le-feu entrait en vigueur à 11h11 du matin, soit à la 11ème heure du 11ème jour du 11ème mois de l’année 1918.

Depuis la disparition du dernier poilu, ces cérémonies du 11 novembre ont pris une nouvelle dimension et à cette date nous commémorons désormais la mort au champ d’honneur de tous les soldats français, quels qu’en soit le lieu et la date.

Ainsi, nous nous retrouvons en ce lieu, au carré militaire de Caffarelli où sont enterrés le célèbre Général et certains de ses compagnons d’armes qui n’ont pas survécu au siège de Saint-Jean d’Acre mené par les troupes de Bonaparte.

Ce lieu représente les liens historiques existant entre la France et Akko, depuis Philippe Auguste et jusqu’à Bonaparte, en passant par Saint-Louis et même le Rabbin Yéhiel de Paris, qui a transféré sa Yéshiva de Paris à Akko au 13ème siècle. Il y a même eu ici un affrontement franco-français, lorsque le colonel royaliste Antoine de Phélippeaux se mit au service du Pacha El Jazzar pour défendre la ville lors du siège mené par son ennemi intime, Bonaparte.

Ce lieu représente les liens historiques existant entre la France et Akko, depuis Philippe Auguste et jusqu’à Bonaparte, en passant par Saint-Louis et même le Rabbin Yéhiel de Paris, qui a transféré sa Yéshiva de Paris à Akko au 13ème siècle. Il y a même eu ici un affrontement franco-français, lorsque le colonel royaliste Antoine de Phélippeaux se mit au service du Pacha El Jazzar pour défendre la ville lors du siège mené par son ennemi intime, Bonaparte.

Aujourd’hui, la ville d’Akko poursuit cette tradition en ayant des relations intenses avec la France, par des accords de Jumelage avec les villes de La Rochelle et Saint-Mandé, un accord de Partenariat  avec le Département de Seine-Saint-Denis et des activités culturelles en collaboration avec l’Institut Français, comme le cycle du cinéma français d’Akko ou les concerts de musique baroque…

Il faut rappeler aussi qu’en cette année 2016, nous commémorons le 60ème anniversaire de la crise de Suez, qu’on appelle en Israël « Opération Kadesh », qui a vu les soldats britanniques, français et israéliens combattre du même côté face à l’Egypte.

Cette époque a été un moment exceptionnel des relations entre la France et Israël et personne ne pourra nier que la France a permis au jeune Etat Juif d’assurer solidement sa sécurité, voire sa pérennité. Tout cela a été rappelé récemment lors de la disparition de Shimon PERES, cheville ouvrière de cette relation particulière entre les deux pays.

Aujourd’hui, les Français d’Israël regardent avec désolation les dirigeants des deux pays qui évoquent cette amitié pour mieux masquer leurs divergences qui s’étendent désormais à presque tous les sujets concernant le Proche-Orient.

Face aux soldats de Bonaparte, il est bon de rappeler la proclamation à la nation juive, faite depuis le Quartier Général de Jérusalem, le 1er Floral, an VII de la République Française (20 avril 1799).

« Bonaparte, commandant en chef des armées de la République Française en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine. Israélites, nation unique  que les conquêtes et la tyrannie ont pu, pendant des milliers d’années, priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom, ni de leur existence nationale, la Grande Nation Française ne vous appelle pas à conquérir votre patrimoine. Non, elle vous demande de prendre seulement ce qu’elle a déjà conquis avec son appui et son autorisation , de rester maître de cette terre et de la garder malgré tous les adversaires ».

Aujourd’hui, c’est dans une autre guerre qu’est engagée la France, celle contre le terrorisme islamique, contre l’obscurantisme qui s’attaque à toutes les valeurs du monde occidental et démocratique, à un mode de vie épris de liberté, une guerre sournoise qui apporte son lot de victimes militaires mais aussi civiles.

Désormais, il sera difficile de ne pas évoquer, lors des cérémonies du 11 novembre, le souvenir des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan et dans Paris, ceux de janvier 2015 à Charlie Hebdo et à l’hyper Cacher, l’attentat du 14 juillet à Nice et l’assassinat odieux du père Hamel égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Alors, rendons hommage à tous ces soldats, de toutes époques, qui ont combattu pour la France. Rendons hommage au combat que mènent aujourd’hui, ces femmes et ces hommes, en Afrique, au Proche-Orient et en France, contre le terrorisme islamique.

Rendons hommage à la Marine Française qui croise non loin de là, en Méditerranée avec le « Charles de Gaulle », pour combattre les terroristes de l’Etat Islamique.

Presqu’au même moment où se tient cette cérémonie, une autre se déroulera vers 16h00, au camp de la Braconne, base du 515ème Régiment du Train, en hommage au maréchal des logis-chef, Fabien Jacq, dernier soldat mort pour la France à Kidal au Mali, le 4 novembre dernier.

Je voulais terminer en lui rendant un vibrant hommage  et à travers lui m’incliner avec respect devant tous les soldats morts pour la France en accomplissant leur devoir.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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