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L’arroseur arrosé ou quand les supporters iraniens demandent à la FIFA de censurer l’équipe nationale iranienne…

Maccabi Tel-Aviv contre Panionios Athènes, c’était l’affiche du troisième tour préliminaire de la Ligue Europa de football qui s’est terminée par la qualification du club israélien (2 victoires par 1 à 0) aux dépens des Athéniens. Mais l’histoire du sport et du football ne retiendra pas de cette confrontation que le seul résultat sportif. Les regards se tournent maintenant vers les instances internationales du football qui vont peut-être devoir gérer une crise avec la fédération iranienne de football. Explications…

 

Lors du tirage au sort de ce troisième tour préliminaire, les deux clubs étaient satisfaits car les chances de qualification semblaient équilibrées. Pourtant, pour deux joueurs de l’équipe du Panionios d’Athènes c’était le début d’une crise de conscience qui allait se transformer en véritable casse-tête chinois.

Massoud Shojaei et Ehsan Hajsafi, sont deux joueurs iraniens évoluant au Panionios Athènes, mais également titulaires de l’équipe nationale d’Iran, qui vient justement de se qualifier, avec la participation de ces deux joueurs, pour la coupe du monde de 2018 qui se déroulera en Russie.

Or, tout le monde le sait, la République Islamique d’Iran ne reconnaît pas l’Etat d’Israël et interdit à ses sportifs, toutes disciplines confondues, de rencontrer des sportifs israéliens. En plusieurs occasions, des sportifs iraniens ont dû déclarer forfait soudainement, en général pour raison de santé, lorsqu’ils devaient être opposés à un sportif israélien et ce, avec la complicité bienveillante des fédérations sportives internationales…

Donc, ce 27 juillet 2017, le match aller doit se dérouler à Tel-Aviv et personne ne s’attend à voir évoluer les deux joueurs iraniens sur une pelouse israélienne. En réalité, ils ne seront même pas du voyage et n’affronteront donc pas l’équipe israélienne. La logique imposée par les instances sportives iraniennes avait donc été respectée.

Lors du match retour, le 3 août dernier, les deux joueurs iraniens étaient pourtant présents dans les rangs de l’équipe athénienne et disputaient le match face à des adversaires israéliens, allant ainsi à l’encontre des consignes intraitables des instances sportives iraniennes.

Leur décision a provoqué un scandale en Iran, du moins au sein des autorités gouvernementales et sportives.

Ali Kafashian, vice-président de la fédération iranienne de football a ainsi déclaré que ces joueurs auraient dû refuser de jouer le match, « même au prix d’une rupture de leur contrat ».

Quant à l’adjoint du ministre iranien des Sports il a été encore plus direct en affirmant que ces deux joueurs « n’avaient plus leur place en équipe nationale car ils ont franchi la ligne rouge du pays. Ils l’ont fait au motif qu’ils ont un engagement avec leur club, mais qu’en est-il de leur engagement envers la grande Nation iranienne ? ».

Le message est donc on ne peut plus clair pour les sportifs iraniens, le régime dictatorial ne pourra supporter aucune indiscipline et ceux qui franchiront le pas seront punis et bannis. Ehsan Haji Safi, 74 sélections en équipe nationale et Massoud Shojaei, 50 sélections, ne porteront sans doute jamais plus le maillot de leur pays. Et je suppose qu’ils doivent se sentir « chanceux » de ne pas évoluer en Iran, à portée de mains des dirigeants iraniens.

Dès l’annonce de ces sanctions, un vent de révolte a soufflé chez les supporters iraniens qui voient d’un mauvais œil l’interdiction pour ces deux joueurs importants d’évoluer en équipe nationale, juste avant la prochaine coupe du monde.

Des milliers de messages ont été diffusés sur les réseaux sociaux. Et ces milliers d’intervenants n’hésitent pas à interpeller la FIFA, Fédération Internationale du Football pour demander des sanctions contre l’Iran.

C’est la première qu’une telle rébellion prend forme en Iran, où pourtant il ne faut jamais montrer officiellement son opposition au régime.

Cette affaire sera-t-elle l’amorce d’une petite opposition au régime et surtout à certaines de ses pratiques ?

Il faudrait pour cela que la sacro-sainte FIFA qui règne sur le football mondial prenne enfin ses responsabilités en faisant appliquer son règlement qui refuse toute ingérence du monde politique dans le fonctionnement des fédérations sportives, avec comme sentence l’exclusion de la fédération iranienne de la FIFA.

Il est fort à parier qu’on n’en arrivera pas à cette mesure extrême…

 

 

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