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30/11/20

Présentation historique de la ville d’Akko

La ville d’Akko se trouve dans le nord d’Israël, en Galilée Occidentale. Ville côtière, elle est située dans la baie de Haïfa, à vingt kilomètres au nord du grand port israélien.La cité est constituée d’une vieille ville historique, presqu’ile séparée de la ville moderne par des murailles construites par les turcs au XVIII e siècle. Ville au passé historique enchanteur, elle est le carrefour des communautés existantes en Israël. Les 58 000 habitants juifs, musulmans, catholiques, druzes et bahaïs y vivent dans une parfaite entente.

S’étendant sur une superficie de 1202 hectares, Akko possède un bord de mer long de six kilomètres.

Fait exceptionnel, la ville d’Akko a été inscrite deux fois sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Avec tout d’abord la vieille ville dans son ensemble, unique vestige historique de l’époque des croisés, qui représente l’un des sites touristiques ayant une diversité et une continuité historique les plus importantes au monde. Avec ensuite, les différents sites des Bahaïs, pour qui la ville d’Akko représente le lieu sacré de cette religion.

La situation géographique d’Akko, point de rencontre entre l’est et l’ouest est l’une des raisons pour lesquelles c’est un lieu exceptionnel de symbiose entre différentes cultures, chacune étant exposée aux influences et valeurs des  autres.

 

Histoire

Dans l’Antiquité, le village se dressait sur le Tell Akko, ou colline d’Akko, située aujourd’hui dans la partie ouest de la ville. C’est à l’époque de l’âge du bronze (3000 avant notre ère) que cette colline semble avoir connu une première présence humaine, alors que des  fortifications sont apparues aux environs de 1900 avant notre ère.

Le nom d’Akko apparaît dans l’ancien testament (Juges 1, 31), puis est mentionné dans des documents égyptiens sous le règne du Pharaon Thoutmosis III. Une légende grecque veut que l’origine de ce nom provienne du mot Akka, remède en Grec, car Hercule y aurait trouvé des herbes aux capacités de cautérisation, après avoir été blessé dans un combat.

Puis, en 1500 avant notre ère, lors de la conquête par les Hébreux de la terre de Canaan, Akko fût attribuée à la Tribu Asher. Au cours des siècles suivants, la ville passe sous domination des Assyriens, des Phéniciens. A l’issue de sa conquête par Alexandre le Grand, l’un de ses officiers érige la ville sur la péninsule et prend le nom de Ptolémaïs.

C’est l’époque de l’essor de la ville en tant que place commerciale, qui connait son apogée lors de l’invasion romaine qui lui accorde le statut de « Colonia Claudia Caesarea Ptolemaïs ».

Conquise par les arabes en 720, la ville retrouve son nom originel d’Akka et est intégrée au Califat du Caire. Durant près de deux siècles, l’importance internationale de la ville décroît jusqu’au début du XIème  siècle où le port et les remparts sont reconstruits.

Mais c’est lors de la période croisée qui débute en 1104, que la cité acquiert une importance particulière. Bien entendu à période nouvelle, nouveau nom, et Akka devient Saint-Jean d’Acre, en raison de l’installation dans la ville de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Principal port du Royaume Latin de Jérusalem, cela devient un important centre commercial où les marchands italiens, génois et vénitiens tiennent une grande place.

Vers la fin de la seconde croisade, la ville est conquise par Saladin en 1187, après la débâcle de Hattin et la destruction de l’armée des Croisés et la perte de toutes les terres chrétiennes.

Quatre ans plus tard, au cours de la troisième croisade, Philippe Auguste et Richard Cœur-de-Lion reprennent la ville. Jusqu’en 1291, la ville sera un grand centre intellectuel, non seulement chrétien, mais aussi juif. En effet, persécutés en Occident, de nombreux juifs se rendent en Terre Sainte et notamment le Rabbin Yéhiel de Paris qui fonde à Acre une yéshiva, qui sera renommée bien au-delà de la région. Nahmanide, grand Cabaliste d’Espagne, le remplacera.

De 1191 à 1291, le deuxième Royaume des Croisés s’étend, ainsi que la ville de Saint-Jean d’Acre où sont construits de nouveaux quartiers, palais, églises et bâtiments publics. A cette époque, la ville compte près de 20 000 habitants.

En 1291, une armée de cent mille mamelouks apparaît sous les murs de Saint-Jean d’Acre défendue par seulement quinze mille Croisés, qui accomplissent des merveilles de courage en repoussant de nombreux assauts. Néanmoins, après une première percée, le dernier carré des défenseurs résiste encore dix jours, repliés dans le « Chastel » dont les murs s’écrouleront, entraînant la mort de tous les combattants confondus. Le sultan d’Egypte, al-Malik al-Ashraf s’empare de la ville et met fin à la présence des Latins en Terre Sainte, les privant ainsi d’une base commerciale essentielle.

La ville détruite est désormais désertée, quelques rares bâtiments subsistant près du port. Elle restera ainsi durant cinq siècles et sera finalement relevée par le cheikh bédouin Daher el-Amar, qui en fait sa résidence en 1749.

Puis le turc Ahmed Jazzar, surnommé le boucher en raison de sa cruauté, s’empare de la ville et l’enrichit de quelques édifices de valeur.

En 1799, Bonaparte conquiert sans difficulté les villes d’El-Arish, Jaffa et Haïfa pour couper l’avancée des Turcs. Le 10 mars 1799, il arrive devant les murailles de Saint-Jean d’Acre et entame le siège avec une armée de treize mille hommes.

La ville est défendue par la flotte anglaise commandée par Sir Sidney Smith et de l’intérieur, par l’officier d’artillerie français émigré Philippeaux. Privé d’artillerie lourde, Bonaparte ne parvient pas à détruire de façon décisive les remparts protecteurs. Entre temps, il défait les syriens venus au secours de la ville avec trente cinq mille combattants, lors de la bataille du Mont Thabor, mais doit renoncer à prendre la ville dont le siège est levé en mai 1799.

Lors de l’expédition égyptienne de 1832, Akko est reprise par Ibrahim Pacha. Elle est partiellement détruite, puis reconstruite, pour être finalement bombardée par la flotte anglo-turque en 1840.

En 1868, Baha’ullah, fondateur du Bahïsme, est transféré à Akko, en tant que prisonnier de l’Empire ottoman. Il y écrira son œuvre majeure, énonçant les lois et préceptes de cette religion. Libéré en 1870, il décède en 1892. Sa tombe reste jusqu’à aujourd’hui un lieu saint pour les adeptes du bahaïsme, dont la ville d’Akko devient la ville sacrée.

En 1918, à l’issue de la première guerre mondiale, la Ligue des Nations accorde aux Britanniques un mandat sur la région. Akko devient Acre, les mandataires transforment la forteresse en prison, qui connaîtra quelques prisonniers juifs célèbres comme Vladimir Jabotinsky. Les Britanniques développent la ville moderne au-delà des murailles et délaissent la vieille ville et son port, supplanté dès lors par le port de Haïfa, beaucoup plus moderne.

Après l’indépendance d’Israël en mai 1948, la ville d’Akko est incluse dans les territoires dévolus à Israël. Devenue capitale de la Galilée Occidentale de par sa prééminence régionale des années 70, la ville d’Akko a été supplantée par le développement fulgurant de la banlieue de Haïfa et la ville de Nahariya. Mais depuis quelques années, la ville nouvelle d’Akko renaît de ses cendres et il y a fort à parier qu’elle reprendra très rapidement sa place grâce à la qualité de son développement  pratiquement unique en Israël...  

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